19 mai 2024

WRC, vendredi, Neuville fait de l’ombre à Ogier en Grèce

Le Belge Thierry Neuville a tenu à distance Sébastien Ogier pour finir la première étape de l’EKO Acropolis Rally Greece en tête malgré un problème technique vendredi soir.

Les deux hommes n’étaient séparés que par 2’’8 au terme de la première journée complète de la soixante-dixième édition du célèbre Rallye de l’Acropole. Même s’il n’a remporté qu’une seule des cinq spéciales éreintantes sur terre, Thierry Neuville (Hyundai i20 N Rally1) pointait en tête du classement tout au long du vendredi.

Le Belge ravissait les commandes à Kalle Rovanperä (Toyota GR Yaris Rally1) en se montrant le plus rapide dans la première spéciale de Loutraki et s’était construit un avantage de 7’’4 sur Sébastien Ogier (Toyota GR Yaris Rally1) avant l’ultime test du jour à Elatia. Son travail acharné était toutefois rendu vain, ou presque, en raison d’un souci mécanique soupçonné d’être lié à la transmission le ralentissant tout au long des 28,32 km.

#11, Thierry Neuville, Hyundai, P1. pht. WRC

« Le différentiel arrière glissait tout le temps et je ne pouvais pas passer à plein régime avec les première, deuxième et troisième vitesses », expliquait-il. « Je perdais constamment du temps et je ne pouvais pas faire tourner la voiture avec l’accélérateur, donc j’avais beaucoup de mal. C’était également stressant comme c’était une spéciale difficile. Dès le premier kilomètre, j’ai entendu le bruit du différentiel arrière et j’avais peur de ne pas pouvoir aller au bout. »

De retour au volant pour la première fois depuis le mois de juin, Sébastien Ogier était sur le point de s’emparer de la tête, mais il n’a finalement pu reprendre que cinq secondes puisque des branches d’arbres sectionnaient l’aileron arrière de sa voiture. Le Français estime que les pneumatiques seront la clé lors de l’étape éprouvante de plus de 140 km samedi.

#17, Sébastien Ogier, Toyota, P2. pht. WRC

« J’avais l’impression que mon aileron arrière manquait, mais je ne savais pas pourquoi », confiait-il. « Cela sera un peu comme ça tout le week-end, avec les différences de pneus entre nous, mais une longue journée nous attend demain. »

Kalle Rovanperä signait un scratch supplémentaire après la spectaculaire super-spéciale jeudi soir à Athènes. Alors que le rallye parcourait le pays, le Finlandais devait toutefois ouvrir la route et était gêné par des pierres sur la surface séchante. Le tenant du titre bouclait l’étape à 25’’5 de la tête de course.

#69, Kalle Rovanperä, Toyota, P3. pht. Jaanus Ree

Son autre équipier Elfyn Evans (Toyota GR Yaris Rally1) pointait à seulement 5’’5. Discret malgré les enjeux autour de ses espoirs de titre, le Gallois concédait un peu de temps en raison d’une crevaison lente dans l’ES2 et voyait également son aileron arrière être mis à l’épreuve dans le dernier test du jour.

Dans Elatia, Elfyn Evans parvenait toutefois à ravir la quatrième place à Esapekka Lappi (Hyundai i20 N Rally1) pour 1’’1, le Finlandais étant contraint à la prudence en raison d’une fuite d’eau une grande partie de l’après-midi.

Cinquième jusqu’à la dernière spéciale, Dani Sordo (Hyundai i20 N Rally1) glissait au septième rang en raison d’un calage, mais les frustrations de l’Espagnol n’étaient rien comparées à celles d’Ott Tänak (M-Sport Ford Puma Rally1), neuvième derrière Nikolay Gryazin (Škoda Fabia RS Rally2).

L’Estonien quittait la zone de changement de pneus à mi-journée avec vingt-deux minutes de retard, le temps de réparer un problème technique. Victime d’une pénalité de trois minutes et quarante secondes, il indiquait que le problème était similaire à celui qui avait écarté son collègue Pierre-Louis Loubet (M-Sport Ford Puma Rally1) avant même la première spéciale du jour pour des « problèmes de température ». Ott Tänak pouvait néanmoins retirer du positif d’une journée où il signait deux meilleurs temps.

Le classement ici

WRC2

Rossel subtilise la tête du WRC2 à Adrien Fourmaux en Grèce

Le Français Yohan Rossel s’est hissé aux commandes du WRC2 après les problèmes rencontrés vendredi après-midi par son rival et compatriote Adrien Fourmaux à l’EKO Acropolis Rally Greece.

Adrien Fourmaux (M-Sport Ford Fiesta Rally2) était sans aucun doute la vedette d’une journée mettant à l’épreuve plusieurs habitués de la catégorie WRC2.

#21, Yohan Rossel, Citroën, P1. pht. Red Bull

La régularité du pilote français semblait porter ses fruits puisqu’il comptait huit secondes d’avance avant l’avant-dernière spéciale du jour, mais une pierre sur la trajectoire endommageait son pneumatique avant gauche et réduisait son avantage à neuf dixièmes de seconde seulement.

Le pire était toutefois à venir avec une nouvelle crevaison sur les routes d’Elatia. Adrien Fourmaux et son copilote Alex Coria choisissaient de s’arrêter pour changer la roue dans la spéciale, perdant près de deux minutes dans l’opération.

Leur compatriote Yohan Rossel (Citroën C3 Rally2) n’en demandait pas. Sans remporter la moindre spéciale, le Français héritait de la première place avec 6’’8 d’avance sur Gus Greensmith (Škoda Fabia RS Rally2).

#24, Gus Greensmith, Skoda, P2. pht. Jaanus Ree

 » Ce ne sont pas des spéciales simples », admettait Yohan Rossel. « Avec mes quatre pneus tendres, je pensais avoir un petit avantage avant le départ de la dernière spéciale, mais c’était très sec. Dans certaines sections, l’adhérence est très élevée et je n’avais plus de gomme sur la fin. »

Yohan Rossel pourrait faire une excellente opération dans sa quête du titre après les problèmes rencontrés par le leader du championnat Andreas Mikkelsen (Škoda Fabia RS Rally2) ainsi qu’Oliver Solberg (Škoda Fabia RS Rally2). Le Norvégien était victime d’une série de crevaisons tandis que le Suédois était touché par des soucis de pression d’essence en début de journée.

Marco Bulacia (Škoda Fabia RS Rally2) et Sami Pajari (Škoda Fabia RS Rally2) profitaient de malheurs de leurs rivaux plus expérimentés pour se placer juste derrière le duo de tête avec leurs voitures préparées par Toksport WRT. Robert Virves (M-Sport Ford Fiesta Rally2) complétait le top cinq devant Kajetan Kajetanowicz (Škoda Fabia RS Rally2).

WRC3

Dominguez conserve ses espoirs de titre en WRC3

Le vendredi de l’EKO Acropolis Rally Greece a connu deux parties très distincte en WRC3, avec une bataille fascinante entre Diego Dominguez et Laurent Pellier.

Le Paraguayen Diego Dominguez a besoin d’une victoire en Grèce pour avoir une chance d’égaler le leader du championnat, Roope Korhonen, qui a signé un score parfait avec un 100 % lors de ses quatre départs éligibles aux points cette saison.

#59, Diego Dominguez, Ford, P1. pht.WRC

De manière incroyable, les Ford Fiesta Rally3 de Diego Dominguez et Laurent Pellier terminaient la première journée complète d’action avec un temps identique.

La matinée était dominée par Diego Dominguez, qui remportait les deux premières spéciales du jour avant l’annulation de l’ES4. Dans l’après-midi, le Français revenait toutefois en force pour convertir son déficit de 8’’9 en 0’’1 avant le dernier test du vendredi.

Laurent Pellier reprenait ce dernier dixième à son rival sud-américain dans le test final, et les deux leaders retrouvaient le parc d’assistance de Lamia, à égalité de temps, mais avec 1’53’’5 d’avance sur Tom Rensonnet.

#61, Laurent Pellier, Ford, P2. pht. WRC

Premier leader jeudi, William Creighton était contraint à l’abandon dans la zone de changement de pneumatiques à mi-journée en raison d’un radiateur endommagé. En parallèle, le Turc Ali Turkan ne réussissait pas à redémarrer après son problème moteur de la super-spéciale hier soir.

Eamonn Kelly et Hamza Anwar se retrouvaient ainsi engagés dans une bataille fascinante pour la quatrième place, le premier menant le second pour 2’’6, tandis que le Péruvien Eduardo Castro reste en embuscade, 25’’3 plus loin.

Junior WRC

Coup dur pour Creighton, tout est relancé en Junior WRC

Les espoirs de titre du leader du Championnat FIA Junior WRC William Creighton ont pris du plomb dans l’aile dès la première étape de l’EKO Acropolis Rally Greece, à la grande joie de ses rivaux Laurent Pellier et Diego Dominguez.

La Grèce accueille la finale aux points doubles de la saison 2023 du FIA Junior WRC. En prenant le départ, William Creighton savait qu’il ne pouvait faire preuve d’aucune complaisance, conscient que son avantage de vingt-neuf points sur son plus proche rival Laurent Pellier pourrait facilement s’effacer.

Avec des points également en jeu pour chaque scratch, l’Irlandais ne perdait pas de temps pour commencer son assaut dans la catégorie monotype de Ford Fiesta Rally3 et signait le meilleur temps à l’occasion de la super-spéciale sur le front de mer d’Athènes.

Vendredi matin, William Creighton voyait toutefois la réussite lui échapper. Après un départ prudent avec le quatrième meilleur temps dans le premier test du jour, l’Irlandais bouclait le secteur chronométré suivant au ralenti, victime d’un radiateur endommagé.

Afin d’éviter d’autres dégâts, William Creighton et son copilote Liam Regan poussaient leur voiture sur trois kilomètres jusqu’à la zone de changement de pneumatiques en espérant y effectuer des réparations de fortune. Leurs efforts étaient finalement vains et leurs pires craintes se réalisaient avec l’arrêt prématuré de leur journée.

Diego Dominguez, qui ne pointait qu’à un point de Laurent Pellier au championnat avant le départ, était alors le mieux placé pour tirer profit de la situation.

Le Paraguayen remportait deux spéciales consécutives pour se forger une avance de 8’’9, mais le Français ripostait avec un scratch dans l’avant-dernier test du jour pour revenir à un dixième de seconde seulement de son rival.

De manière incroyable, le champion en titre du Junior ERC récidivait dans la dernière spéciale avec un dixième d’avance, laissant les deux hommes de tête à égalité de temps au moment de retrouver le parc d’assistance de Lamia.

Troisième à 1’53’’5 du duo de tête, le Belge Tom Rensonnet est bien parti pour signer son deuxième podium de la saison, mais Eamonn Kelly et Hamza Anwar restent en embuscade.

Pour ses débuts, le Bolivien Nataniel Bruun Sosa faisait fi d’un tonneau ce matin pour terminer la journée au sixième rang devant Roberto Blach. Pour sa part, William Creighton devra repartir samedi s’il veut conserver ses espoirs de titre.

Communiqué WRC

Crédits photos, WRC, Red Bull