WRC, Rallye d’Espagne, à Neuville la victoire, à Tänak le titre

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Ott Tänak est devenu le premier estonien à remporter le Championnat du Monde FIA des Rallyes à l’issue d’un final intense au Rallyracc Catalunya – Rally De Espana.

Il s’est emparé de la deuxième place après la Wolf Power Stage concluant le rallye pour s’assurer la couronne à une manche de la fin de saison, mettant fin à une domination française de 15 années exercée par les plus titrés de la discipline, les deux Sébastien Loeb et Ogier successivement.

Thierry Neuville, Nicolas Gilsoul, Hyundai Shell Mobis. Pht. Jaanus Ree/Red Bull Content Pool

Il s’agit du premier titre pilotes de Toyota depuis celui de Didier Auriol en 1994, qui fait suite à la victoire obtenue l’année dernière au championnat constructeurs.

Ott Tänak. Pht. Jaanus Ree/Red Bull Content Pool

Tänak a pris le départ de la dernière spéciale sur asphalte depuis la troisième place. Il devait finir pas plus d’une position derrière le leader du rallye, Thierry Neuville, dans ce dernier secteur chronométré rapportant des points de bonus, pour empêcher le Belge d’être encore dans la course au titre en Australie le mois prochain.

Dani Sordo, del Carlos Barrio, Hyundai Shell Mobis. Pht. Jaanus Ree/Red Bull Content Pool

Il n’a pas eu besoin de ces points de bonus, dérobant la deuxième place au héros local Dani Sordo avec sa Yaris avant de célébrer dignement son triomphe au milieu des fans estoniens. Il a terminé 17 »2 derrière Neuville et 0 »4 devant l’autre Hyundai i20 de Sordo.

Ott Tanak, Martin Jarveoja, Toyota Gazoo Racing. Pht. Jaanus Ree/Red Bull Content Pool

Tänak a affiché un calme olympien tout au long de l’unique rendez-vous mixte (terre/asphalte) du championnat, mais il a révélé plus tard le stress qui avait été le sien.

“Dire la pression que j’ai ressentie ce week-end est difficile, c’était d’un autre niveau. Gérer tout cela et m’en sortir a été l’objectif de ma vie. Quand on est sur le point d’y arriver, on ne peut imaginer ce que c’est”, a réagi Tänak.

Sa victoire n’a pas suffi à Thierry Neuville pour rester dans la course au titre

“Je ne voulais prendre aucun risque mais ma mère m’a dit hier soir que si je veux quelques choses, je dois faire en sorte que ça arrive. J’ai donc fait en sorte que ça arrive.”

Neuville a pris la tête le samedi matin, lui qui voulait conserver ses espoirs de titre. Sa troisième victoire de la saison, alliée au podium de Sordo, permet à Hyundai Motorsport de porter son avance au championnat constructeurs à 18 points sur Toyota Gazoo Racing.

Sebastien Loeb. Pht. Jaanus Ree/Red Bull Content Pool

Comme le samedi, Loeb a peiné pour trouver le rythme avec la troisième i20 sur les routes goudronnées et fluides autour de Taragonne. Le Français a perdu sa place sur le podium et fini quatrième à 36 »3 de Sordo.

Jari-Matti Latvala a empoché de précieux points pour Toyota avec la cinquième place, le Finlandais devançant Elfyn Evans et sa Ford Fiesta de 14 secondes. Teemu Suninen vient ensuite, sur une voiture identique, malgré un tête-à-queue dans la dernière spéciale.

Evans. Pht. Jaanus Ree/Red Bull Content Pool

Le champion sortant Ogier est remonté à la huitième place, sur la seule Citroën C3 à l’arrivée, après que des problèmes de direction assistée ont ruiné dès vendredi ses chances de coiffer une septième couronne. Le vainqueur en WRC 2 Pro et celui du WRC 2, Éric Camilli, complètent le top 10 final.

Thierry Neuville, Nicolas Gilsoul, Ott Tanak, Martin Jarveoja, Dani Sordo, del Carlos Barrio. Pht. Jaanus Ree/Red Bull Content Pool

RÉACTIONS DE…

Sébastien Ogier, Pilote du Citroën Total WRT

 » Ce n’est clairement pas le résultat que nous espérions en arrivant ici. Nous étions déterminés à tout donner jusqu’au bout mais cela s’est malheureusement terminé très tôt. L’adrénaline et la motivation étaient forcément différentes ensuite, mais nous avons fait en sorte de rester les plus professionnels possibles, pour travailler sur la voiture sur le bitume, et tâcher d’attaquer fort quand même. Félicitations à Ott et Martin pour ce titre mérité et remporté avec la manière. « 

Sebastien Ogier, Julien Ingrassia, Citroen Total. Pht. Jaanus Ree/Red Bull Content Pool

Esapekka Lappi, Pilote du Citroën Total WRT

 » Je suis déçu de cette fin prématurée, d’autant que j’avais réalisé jusqu’à-là une première journée plutôt constante et solide en termes de vitesse. Les écarts étaient faibles et la bagarre s’annonçait belle, car je me sentais à l’aise au volant de ma C3 WRC. J’étais curieux de mesurer l’étendue des progrès réalisés sur l’asphalte et les temps signés par Sébastien et Julien vont clairement dans le bon sens. J’ai maintenant hâte d’être en Australie pour finir la saison de la meilleure façon possible. « 

DEUX QUESTIONS À PIERRE BUDAR, DIRECTEUR DE CITROËN RACING

Quelle analyse faites-vous de ce week-end forcément décevant et plus largement de la saison ?

Nous n’avons pas été à la hauteur collectivement pour lutter et nous devons nous mobiliser pour hausser encore notre niveau de performance si nous voulons être en mesure de briguer un titre l’an prochain. Le projet que nous avons mis en route début 2019, avec de nouveaux équipages, et une équipe technique renouvelée, s’annonçait difficile face à des formations rodées, avec des pilotes ayant déjà l’expérience de leurs montures. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il s’inscrit depuis le début dans la durée. Nous avons commencé fort au Monte-Carlo où Sébastien et Julien sont toujours redoutables, avant de confirmer au Mexique où Citroën a toujours très bien su gérer le paramètre chaleur et altitude. Peut-être qu’ensuite nous avons un peu subi la jeunesse de notre équipe. Il fallait que chacun trouve ses marques et que l’on s’accorde sur la direction à suivre. Nous n’avons sans doute pas su non plus tirer la quintessence de toute l’expérience du team sur l’asphalte, où nous n’avons pas été au rendez-vous en Corse puis en Allemagne.

La saison 2020 commence-t-elle déjà en Australie ?

Elle a déjà commencé pour nous, puisque nous avons plusieurs travaux déjà en cours pour faire évoluer la voiture dès la première course de l’année. Toutes nos équipes de développement sont sur le pied de guerre pour que l’on soit capables d’être au meilleur niveau dès ce rendez-vous inaugural. Nous avons un programme d’essais intensif que nous nous réservons encore la possibilité d’étoffer. J’espère que 2020 nous permettra de tirer les fruits de tout ce que nous avons initié cette année, nous faisons en tout cas tout pour. Ce week-end, nous sommes tous déçus, atteints même, tant personne n’a jamais relâché ses efforts tout au long de ces intenses semaines. Mais nous restons soudés, et nous allons tirer de nouveaux enseignements de cet échec, pour continuer à grandir ensemble et revenir meilleurs.

La saison se conclura sur la terre du Kennards Hire Rally Australia, basé à Coffs Harbour en Nouvelle-Galles du Sud, du 14 au 17 novembre.

WRC 2, déception pour Loubet

Pierre-Louis Loubet était quasiment assuré de remporter le titre en Championnat WRC 2 quand un grain de sable est venu enrayer la machine, dimanche matin.

Ayant perdu le commandement après la première spéciale du samedi, le Français s’était ménagé ensuite une avance confortable pour se maintenir en deuxième position à quatre spéciales du but. En l’état, il n’aurait eu besoin que d’un seul point pour décrocher le titre lors de la dernière manche le mois prochain.

Pierre-Louis Loubet. Pht. Jaanus Ree/Red Bull Content Pool

Mais cela n’a pas été aussi simple. Sa Skoda Fabia R5 est sortie de la route dans la spéciale de La Mussara, se retrouvant bloquée sur un talus, perdant deux minutes et chutant à la quatrième place.

Puis Loubet a encore joué de malchance quand un rapide Ole Christian Veiby l’a dépassé dans la Wolf Power Stage, le reléguant à la cinquième place finale.

Avant le Kennards Hire Rally Australia du mois prochain, Loubet reste en tête du championnat avec trois points d’avance sur Kajetan Kajetanowicz. Mais le Polonais ne se rendant pas aux Antipodes, son plus proche rival sera Benito Guerra, le Mexicain comptant 16 points de retard et gardant une chance de coiffer la couronne.

Eric Camilli. Pht. Jaanus Ree/Red Bull Content Pool

Éric Camilli s’est imposé avec autorité sur sa Citroën C3. Après avoir délogé Loubet de la tête, il a connu un rallye sans souci pour atteindre l’arrivée à Salou avec 1’40 »7 sur son plus proche suivant.

“C’est très bien pour mes débuts sur la C3. J’ai été capable de lutter avec Mads Østberg tout le week-end, et nous avons pas mal attaqué tous les deux”, a dit Camilli.

Emil Lindholm est content de prendre la deuxième place avec sa Volkswagen, après une excitante bataille face à Kajetanowicz au volant d’une autre Polo. Le duo est finalement séparé de 15 »8.

Mads Østberg a remporté la catégorie WRC 2 Pro au terme d’un rallye difficile

Mads Ostberg. Pht. Jaanus Ree/Red Bull Content Pool

Derrière Veiby et Loubet, Nil Solans a démontré un rythme impressionnant pour signer une série de meilleur temps. Sans une double crevaison le vendredi, l’Espagnol aurait été dans la lutte pour la victoire dans la catégorie.

Guerra a été contraint à l’abandon samedi en raison d’un souci mécanique sur sa Fabia.

Østberg a surmonté divers défis pour remporter la catégorie WRC 2 Pro. Samedi a été une journée d’essais pour le Norvégien, qui peinait à trouver un bon set-up sur goudron pour sa Citroën C3.

Sa persévérance et quelques changements positifs effectués par ses mécaniciens ont procuré au Norvégien le rythme dont il manquait, et il s’est imposé avec 54 »7 d’avance.

“C’est très bien d’être à l’arrivée. Ça na pas été un rallye sans ennuis, mais nous avons attaqué au maximum à chaque mètre”, a dit Østberg.

Jan Kopecký a admis n’avoir voulu prendre aucun risque inutile. Il a gardé un rythme constant pour terminer devant son équipier Kalle Rovanperä. Ce résultat suffit à Skoda Motorsport pour remporter le championnat des constructeurs.

Rovanperä a un peu tout connu sur ce rallye. Le Finlandais récemment couronné n’a pu trouver un rythme confortable sur les spéciales en terre du vendredi.

Le lendemain sur asphalte, cependant, le jeune pilote était au-dessus du lot. Il est revenu à 9 »1 d’Østberg avant de commettre une erreur en tapant de l’arrière dans la spéciale de Salou. Il termine avec 1’50 d’avance sur la Ford Fiesta de Gus Greensmith.

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