23 avril 2024

WRC, Esapekka Lappi met fin à une longue attente en s’imposant en Suède

Le Finlandais Esapekka Lappi a renoué avec la victoire en Championnat du Monde FIA des Rallyes grâce à un pilotage plein d’assurance sur la glace et la neige du Rallye de Suède avec sa Hyundai i20 N Rally1 Hybrid.

Ce succès acquis avec son copilote et compatriote Janne Ferm au Rallye de Suède intervient six ans, six mois et dix-neuf jours après sa première victoire en WRC au Rallye de Finlande 2017.

Le pilote âgé de trente-trois ans bat ainsi le record du plus long écart entre deux victoires en WRC, auparavant détenu conjointement par Shekhar Mehta et Jean-Luc Thérier avec cinq ans et 359 jours d’attente.

#4, Esapekka Lappi / Janne Ferm, Hyundai, P1. pht. Jaanus Ree

Esapekka Lappi devient également le cinquième pilote Hyundai à remporter une manche du WRC. Le constructeur s’impose ainsi pour la vingt-neuvième fois en mondial à l’occasion d’une épreuve ayant également vu Toyota et M-Sport Ford finir sur le podium.

« Cela fait vraiment du bien », se réjouissait le Finlandais. « Cela faisait un moment que je courais après cette deuxième victoire. J’aimerais dire un million de choses, mais j’en oublierai probablement beaucoup. Un grand merci à Cyril [Abiteboul, président et directeur de Hyundai Motorsport] pour m’avoir gardé dans l’équipe après ma très mauvaise deuxième moitié de saison l’an passé. Le contraste est assez énorme avec aujourd’hui, donc merci à l’équipe, mais aussi à ma famille. »

Ce dimanche matin, Esapekka Lappi prenait le départ de l’ultime étape du Rallye de Suède avec 1’06’’3 d’avance et dix-huit points provisoirement inscrits en tant que leader du rallye samedi soir. Si ses rivaux partaient à l’attaque, le Finlandais conservait son sang-froid pour rallier l’arrivée en étant toujours aux commandes.

Malgré un avantage réduit à 29’’6, Esapekka Lappi obtenait son principal objectif avec une victoire pour lancer son programme partiel avec Hyundai Shell Mobis World Rally Team en 2024.

#33, Elfyn Evans / Scott Martin, Toyota, P2. pht. WRC

Derrière lui, Elfyn Evans (Toyota GR Yaris Rally1 Hybrid) ravissait la deuxième place à Adrien Fourmaux (M-Sport Ford Puma Rally1 Hybrid) lorsque le Français perdait du temps en percutant un mur de neige dans la première spéciale dominicale. Ce dernier se reprenait toutefois rapidement pour s’assurer son premier podium dans la catégorie reine du WRC.

« C’est une excellente chose d’être sur le podium après notre retour en Rally1 », déclarait le Français. « Les deux dernières années ont été très difficiles, mais nous n’avons jamais baissé les bras et c’est vraiment spéciale de monter sur le podium, encore plus en Suède. Honnêtement, les mots me manquent. »

#16, Adrien Fourmaux / Alexandre Coria, Ford, P3. pht. Jaanus Ree

Malgré une glissade à haute vitesse dans une congère durant l’ES17, Elfyn Evans dominait le classement de l’étape du dimanche pour prendre sept points grâce au nouveau barème en vigueur cette saison. Le Gallois en avait auparavant inscrit treize samedi soir, mais aussi quatre dans la Wolf Power Stage pour marquer un total de vingt-quatre unités sur l’épreuve et revenir à trois points de Thierry Neuville (Hyundai i20 N Rally1 Hybrid) dans la course au titre.

L’écart aurait pu être encore plus mince s’il n’avait pas glissé dans un autre mur de neige à l’approche de l’arrivée de la Wolf Power Stage, une petite erreur lui coûtant le meilleur temps et le maximum de cinq points bonus en jeu pour 39/1000e de seconde.

« Nous avons tout perdu dans les deux derniers virages, donc ce n’est pas idéal », confiait Elfyn Evans. « Quoi qu’il en soit, j’imagine que nous devons être relativement satisfaits de ce résultat global après tout ce qu’il s’est passé vendredi, mais il reste des domaines sur lesquels travailler. »

Vainqueur du Rallye Monte-Carlo le mois dernier, Thierry Neuville surmontait des problèmes de pression d’essence et quelques soucis avec ses réglages pour terminer quatrième malgré un lourd atterrissage causant d’importants dégâts cosmétiques à l’arrière de sa voiture dans la Wolf Power Stage. Si le Belge voit son avance au championnat se réduire de six à trois points, ses efforts permettaient néanmoins à Hyundai de revenir à égalité avec Toyota en tête du Championnat Constructeurs.

#11, Thierry Neuville / Martijn Wydaeghe, Hyundai, P4. pht. Jaanus Ree

Cinquième, Oliver Solberg (Skoda Fabia RS Rally2) s’imposait à domicile pour la deuxième année consécutive dans la catégorie WRC2. Il devançait ses principaux rivaux, à savoir les Toyota GR Yaris Rally2 de Sami Pajari, Georg Linnamäe, Roope Korhonen et Mikko Heikkilä. Pour son deuxième départ en autant d’années, l’Italien Lorenzo Bertelli (Toyota GR Yaris Rally1 Hybrid) complétait le top dix.

Reparti samedi matin, Kalle Rovanperä (Toyota GR Yaris Rally1 Hybrid) inscrivait cinq unités en dictant son rythme dans la Wolf Power Stage. Également parti à la faute vendredi, Ott Tänak (Hyundai i20 N Rally1 Hybrid) prenait également six points grâce à l’étape dominicale et son résultat dans la Wolf Power Stage.

Leader en début d’épreuve, Takamoto Katsuta (Toyota GR Yaris Rally1 Hybrid) glanait également des points après son abandon dans la première spéciale de samedi. Le Japonais partait toutefois en tête-à-queue près de l’arrivée de l’ES17 et devait se contenter de trois unités.

Grégoire Munster (M-Sport Ford Puma Rally1 Hybrid) atteignait son objectif en ralliant l’arrivée d’un rallye où le Luxembourgeois a dû composer avec une myriade d’incidents dans le cadre de son apprentissage.

Esapekka Lappi / Janne Ferm. pht. WRC

Les classements ici

Le Championnat du Monde FIA des Rallyes prend désormais la direction de l’Afrique pour la troisième manche de la saison, le Safari Rally Kenya (27-31 mars).

WRC2

Solberg s’impose à domicile et avec la manière en WRC2

Le Suédois Oliver Solberg s’est imposé pour la deuxième année consécutive sur ses terres en FIA WRC2 à la plus grande joie du public.

#21, Oliver Solberg / Elliott Edmondson, Skoda, P1. pht. WRC

 

Fils de Petter Solberg, le Suédois âgé de vingt-deux ans menait la catégorie dédiée aux Rally2 du départ à l’arrivée et soulignait son excellent niveau de performance avec onze meilleurs temps et une victoire acquise avec 1’19’’7 d’avance.

Copiloté par le Britannique Elliott Edmondson dans la Škoda Fabia RS Rally2 chaussée de pneumatiques Pirelli et préparée par Toksport WRT, Oliver Solberg devançait quatre nouvelles Toyota GR Yaris Rally2 emmenées par Sami Pajari et Georg Linnamäe pour s’offrir son troisième succès en WRC2.

« C’est incroyable, quel week-end avec autant de monde, ma famille, mes amis et cette ambiance ! », s’extasiait le vainqueur. « Gagner comme ça pour ma première épreuve avec Škoda Motorsport, c’est juste génial. Elliott et l’équipe ont fait un travail fantastique. Merci également aux bénévoles et à toutes les personnes travaillant pour le Rallye de Suède d’en faire un si grand événement. »

#25, Georg Linnamäe / James Morgan, Toyota, P3. pht. WRC

Derrière lui, Sami Pajari abordait les trois dernières spéciales du dimanche avec deux dixièmes d’avance sur Georg Linnamäe. Cet écart passait à 4’’0 après l’ES16, où l’Estonien entendait mal une note de son copilote James Morgan. Malgré la riposte de son rival dans la Wolf Power Stage, le Finlandais tenait bon et conservait la deuxième place pour 2’’5.

« C’était vraiment piégeux, beaucoup plus glissant que je ne le pensais, mais je suis content », se réjouissait Sami Pajari à l’arrivée. « C’était un rallye très délicat et je suis ravi de notre deuxième place pour l’équipe. La voiture est vraiment rapide et fiable, c’est le principal. »

De son côté, Georg Linnamäe devenait le quatrième pilote estonien à monter sur le podium en WRC2 après Egon Kaur, Karl Kruuda et Ott Tänak. Deuxième jusqu’à son tête-à-queue dans le final de l’ES11 samedi, le jeune espoir âgé de vingt-cinq ans pouvait aussi se réjouir de son premier scratch absolu signé vendredi après-midi sous une neige abondante.

« Nous gagnons une position chaque année, donc j’espère que nous pourrons nous imposer dans deux ans ! », souriait-il. « C’était un bon rallye, juste dommage pour ma petite erreur. C’est un sport d’équipe et je suis très fier de la mienne. Ils ont fait du travail incroyable lors de ce rallye. »

#22, Sami Pajari / Enni Malkönën, Toyota, P2. pht. Jaanus Ree

Lancé à la poursuite de Roope Korhonen pour la quatrième place, Mikko Heikkilä perdait plus de vingt secondes sur le tenant du titre en WRC3 en raison d’un tête-à-queue à haute vitesse dans l’ES16 : « J’ai perdu l’arrière dans un virage très rapide et j’ai dérivé sur dix mètres », expliquait le Finlandais. « Fort heureusement, il ne s’est rien passé de mal, juste un peu trop d’attaque. »

Derrière ce groupe de Toyota GR Yaris Rally2, Lauri Joona (Škoda Fabia RS Rally2) se classait sixième devant son compatriote Emil Lindholm (Hyundai i20 N Rally2), bien revenu après ses soucis techniques de vendredi, et le Suédois Isak Reiersen (Škoda Fabia RS Rally2).

Malgré un bref arrêt dans l’avant-dernière spéciale du parcours, Michał Sołowow (Škoda Fabia RS Rally2) décrochait la neuvième place ainsi que sa deuxième victoire suédoise consécutive en WRC Masters Cup.

Membre du programme Toyota Gazoo Racing WRC Challenge, Yuki Yamamoto (Toyota GR Yaris Rally2) était neuvième avant la dernière spéciale de samedi. Un bras de suspension endommagé l’obligeait toutefois à ralentir dans l’ES15 et le Japonais devait finalement se contenter de la dixième position à l’arrivée.

Soutenu par la Motorsport Ireland Rally Academy, l’Irlandais William Creighton terminait quatorzième pour la première de ses apparitions avec la Ford Fiesta Rally2 en récompense de son titre acquis l’an passé en Junior WRC.

Podium WRC2. pht. WRC

WRC3

Johansson l’emporte pour ses débuts en WRC3

Le jeune espoir suédois Mille Johansson a connu des débuts de rêve en Championnat du Monde FIA des Rallyes en s’imposant avec près de cinquante secondes d’avance en WRC3 avec sa Ford Fiesta Rally3.

#51, Mille Johansson / Johan Grönvall, Ford, P1. pht. WRC
#51, Mille Johansson / Johan Grönvall, Ford, P1. pht. WRC

Issu des rangs de l’ERC Junior, Mille Johansson surmontait son manque d’expérience en quatre-roues motrices pour prendre les commandes après l’ES6 disputée vendredi.

À l’exception de quelques erreurs, le Suédois âgé de dix-huit ans réalisait une superbe prestation avec son copilote Johan Grönvall pour se hisser sur la plus haute marche du podium en WRC3 devant l’Estonien Romet Jürgenson, membre du programme FIA Rally Star, et l’Irlandais Eamonn Kelly.

Mille Johansson dominait également les débats en Junior WRC pour s’offrir un résultat mémorable sur ses terres.

« Les sensations étaient excellentes tout au long du week-end », confiait-il à l’arrivée. « Quelques petites erreurs de pilotage nous ont fait perdre du temps, mais nous nous sommes bien repris avec un bon rythme. Je suis tout simplement très heureux. »

Derrière le trio de tête, l’Espagnol Raúl Hernández, le Belge Tom Rensonnet et le Kazakhstanais Petr Borodin réalisaient également des prestations solides pour compléter le top six.

#49, Eamonn Kelly / Konor Mohan, Ford, P3. pht. WRC

Sixième après la dernière étape de samedi, l’Allemand Fabio Schwarz ne voyait toutefois pas l’arrivée en raison des dégâts subis par sa voiture après un contact contre un mur de neige dans l’ES16.

L’Australien Taylor Gill terminait septième devant le Roumain Norbert Maior, tenant du titre en ERC Junior. Le Sud-Africain Max Smart les suivait, tout comme l’Espagnol Roberto Blach, reparti dimanche matin après avoir été victime d’une suspension endommagée dans le dernier test de samedi.

Dans le même temps, Jan Černý restait songeur sur la performance qu’il aurait pu signer pour ses débuts au Rallye de Suède. Vainqueur de la catégorie le mois dernier au Rallye Monte-Carlo, le Tchèque comptait 13’’5 d’avance après les quatre premières spéciales avant de subir d’importants dégâts à l’avant de sa Ford Fiesta Rally3 après deux kilomètres dans l’ES5. Reparti samedi matin, il s’offrait plusieurs temps dans le top six avant qu’un problème de boîte de vitesses ne le contraigne à l’abandon après l’ES12.

#43, Jan Cerny / Ondrej Krajca, Ford, malchanceux. pht. WRC

« Je suis content de notre vitesse, nous ne sommes pas des spécialistes sur cette surface et c’était notre première expérience en Suède », résumait le pilote basé à Tenerife. « Nous aurions pu terminer sur le podium et marquer des points très importants, mais cela n’a pas été le cas. »

Son compatriote et protégé Filip Kohn remportait deux spéciales après avoir été retardé en début d’épreuve.

JUNIOR WRC

Débuts merveilleux pour Johansson en Junior WRC

Le FIA Junior WRC a célébré l’émergence d’une nouvelle vague de talents avec la superbe victoire de Mille Johansson sur ses terres pour le coup d’envoi de la saison au Rallye de Suède.

#51, Mille Johansson / Johan Grönvall, Ford, P1. pht. WRC

Pour son premier départ en Championnat du Monde FIA des Rallyes, Mille Johansson prenait la première place de la catégorie organisée par M-Sport Pologne dans l’ES6 et n’était plus jamais rattrapé pour s’imposer avec 48’’9 d’avance.

Au sein d’un plateau record de dix-neuf équipages, le Suédois âgé de dix-huit ans battait Romet Jürgenson, membre du programme FIA Rally Star. Le podium était complété par Eamonn Kelly dans le championnat exclusivement réservé aux Ford Fiesta Rally3 chaussées de pneumatiques Pirelli.

Si sept pilotes inscrivaient des points Wolf Stage Win lors d’un week-end hivernal soulignant la nature hautement compétitive du Junior WRC, Mille Johansson terminait l’épreuve avec huit points supplémentaires après avoir remporté huit spéciales avec son copilote Johan Grönvall.

#47, Romet Jürgersson / Siim Oja, Ford, P2.pht. WRC

Mille Johansson espère désormais que son succès convaincra davantage de partenaires à ses côtés pour disputer une saison complète. Après sa victoire à domicile, le Suédois dévoilait ainsi n’avoir pas encore obtenu le budget complet pour les cinq épreuves du calendrier. Le prochain rendez-vous aura lieu en Croatie du 18 au 21 avril. .

« Je ne pensais pas que je serais le plus rapide, mais les sensations étaient excellentes tout au long du week-end, à l’exception de quelques petites erreurs de pilotage nous ayant fait perdre du temps », confiait le transfuge de l’ERC Junior. «  Nous avons su nous reprendre avec un bon rythme. Pour le moment, nous n’avons pas le budget [pour continuer], donc j’espère que quelqu’un nous rejoindra. Nous verrons bien, mais j’adorerai [continuer]. »

Romet Jürgenson devenait le neuvième pilote estonien à monter sur le podium en Junior WRC et le troisième à le faire dès ses débuts. Il inscrivait également trois points Wolf Stage Win pour consolider sa deuxième place, acquise avec plus de trois minutes d’avance sur l’Irlandais Eamonn Kelly.

Vainqueur de la première spéciale, l’Espagnol Raúl Hernández terminait quatrième, suivi du Belge Tom Rensonnet et du Chilien Geraldo Rosselot, sixième pour ses débuts en Junior WRC et auteur du meilleur temps dans la Wolf Power Stage.

Le Kazakhstanais Petr Borodine, lui aussi nouveau venu en Junior WRC, se classait septième devant l’Australien Taylor Gill, l’un des quatre protégés du programme FIA Rally Star.

Tenant du titre en ERC Junior, le Roumain Norbert Maior terminait neuvième pour lancer sa première campagne en mondial avec sa sœur Francesca comme copilote. Le Sud-Africain Max Smart complétait le top dix pour son septième rallye seulement.

Reparti dimanche matin après avoir été victime d’une suspension endommagée dans le dernier test de samedi, l’Espagnol Roberto Blach finissait onzième devant le Bolivien Nataniel Bruun. Andre Martinez, Abdullah Al-Rawahi et Jakub Matulka suivaient dans cet ordre.

Troisième après la première étape, Fabio Schwarz devait renoncer après l’arrivée en raison des dégâts subis après avoir percuté un mur de neige dans l’ES16. Diego Domínguez n’allait pas plus loin que la première spéciale dominicale non plus en raison d’un radiateur cassé.