19 mai 2024

WRC, Lappi en tête du thriller suédois vendredi soir, Rovenperä abandonne

Le Finlandais Esapekka Lappi a survécu à une première étape riche en action et en défis pour prendre les commandes du Rallye de Suède, deuxième manche du Championnat du Monde FIA des Rallyes, avec 3’’2 d’avance seulement.

Pour son premier départ de la saison au volant de la troisième Hyundai i20 N Rally1 Hybrid officielle, Esapekka Lappi retrouvait rapidement le rythme après une performance en-dessous de ses attentes jeudi soir dans l’ES1.

Le Finlandais montait en régime pour conclure la boucle de trois spéciales de vendredi matin au deuxième rang, 11’’4 derrière Takamoto Katsuta (Toyota GR Yaris Rally1 Hybrid). Poursuivant sur sa lancée, il rattrapait son rival japonais dans l’après-midi en lui reprenant 6’’1 dans l’ES5 et revenir à 5’’3 de la tête après le deuxième passage dans #42 Brattby.

#4, Esapekka Lappi / Janne Ferm, Hyundai, P1. pht. Jaanus Ree

Sous des chutes de neige de plus en plus fortes, Esapekka Lappi récidivait en devançant son adversaire pour 5’’0 dans l’ES6 avant de lui ravir les commandes avec un nouveau scratch dans l’ES7.

« Nous devons bien sûr continuer avec la même confiance qu’aujourd’hui et commencer à nous concentrer sur la suite du rallye », confiait Esapekka Lappi après son meilleur temps dans l’ES8. « J’ai clairement mis ma position de départ à profit cet après-midi. Ce matin aussi, mais je n’étais pas trop lent face à Kalle [Rovanperä] et j’en étais plutôt satisfait. »

Derrière Takamoto Katsuta, Adrien Fourmaux (M-Sport Ford Puma Rally1 Hybrid) était bien parti pour boucler la journée sur le podium provisoire. Auteur d’une belle prestation, le pilote M-Sport Ford World Rally Team restait toutefois impuissant sous la neige face à Oliver Solberg (Škoda Fabia RS Rally2), leader du WRC2 et troisième du classement général malgré le déficit de puissance de sa monture alignée dans l’antichambre de la catégorie reine.

#18, Takamoto Katsuta / Aaron Johnston, Toyota, P2. pht. WRC

« C’est incroyable d’être troisième avec une Rally2, et c’est même un peu un rêve de le faire à domicile », s’extasiait Oliver Solberg. « Je suis très heureux, mais notre principal objectif reste le WRC2, où nous avons une bonne avance. Je suis donc content de cette journée. »

#21, Oliver Solberg / Elliott Edmondson, Skoda, P3, P1 WRC2. pht. WRC

Si les fortes chutes de neige créaient un paysage hivernal parfait, elles rendaient la tâche des pilotes encore plus difficile, notamment pour les premiers à s’élancer dans les spéciales.

Leader du championnat après avoir remporté le coup d’envoi de la saison au Rallye Monte-Carlo le mois dernier, Thierry Neuville (Hyundai i20 N Rally1 Hybrid) bataillait pour trouver l’adhérence en ouvrant la route et pour avoir plus de visibilité dans le brouillard matinal.

À mi-journée, le Belge pointait au cinquième rang, à 40’’5 de la tête et deux places derrière Elfyn Evans (Toyota GR Yaris Rally1 Hybrid). Relégué à 1’15’’5 de Takamoto Katsuta après l’ES5, le Belge voyait un problème de pression d’essence lui offrir un salut nécessaire – et inhabituel – puisqu’il lui permettait de démarrer la spéciale suivante après son rival gallois.

#16, Adrien Fourmaux / Alexandre Coria, Ford, P4. pht. WRC

S’il se montrait à peine 3’’7 plus rapide qu’Elfyn Evans dans l’ES6, il devançait la Toyota de plus de vingt secondes dans le test suivant, où son adversaire perdait du temps en touchant un mur de neige et en étant victime d’un pare-brise embué.

« Je suppose que l’esprit sportif a disparu », lâchait Elfyn Evans. « La différence entre la première et la deuxième place dans l’ordre des départs est énorme. Je ne suis pas vraiment sûr de ce qui se passe cet après-midi. D’ici, je ne peux même pas voir le panneau devant moi, et nous allons si vite. C’est un peu dingue, mais nous sommes [toujours] là. »

« Le moteur ne tournait pas, donc nous avons dû le vérifier », déclarait Thierry Neuville au sujet de son problème avant l’ES6. « Elfyn était au ravitaillement plus tôt lorsque notre voiture n’a pas démarré, donc il devrait le savoir. Dans la spéciale, ce n’était pas un souci. J’aurais pu aller un peu plus vite à la fin [de l’ES7], mais c’est tellement facile de se sortir… »

Le retard de Thierry Neuville, qui lui valait une pénalité de quarante secondes, le reléguait toutefois en dehors du top dix après huit spéciales. Elfyn Evans achevait l’étape au cinquième rang, derrière Adrien Fourmaux.

#11, Thierry Neuville / Martijn Wydaeghe, Hyundai, P11. pht. WRC

Auteur de son premier scratch absolu en WRC dans l’ES5, Georg Linnamäe occupait la sixième position avec la nouvelle Toyota GR Yaris Rally2. L’Estonien devançait d’autres concurrents engagés en WRC2, à savoir les Sami Pajari (Toyota GR Yaris Rally2), Roope Korhonen (Toyota GR Yaris Rally2), Mikko Heikkilä (Toyota GR Yaris Rally2) et Lauri Joona  (Škoda Fabia RS Rally2).

Retour rapide, mais malchanceux pour Rovanperä

Leader avec 1’’4 d’avance après la super-spéciale d’Umeå Sprint disputée jeudi soir, Kalle Rovanperä (Toyota GR Yaris Rally1 Hybrid) profitait de conditions de route plus favorables en étant le septième à s’élancer vendredi matin.

Le double champion du monde des rallyes augmentait son avance en remportant la première spéciale du vendredi, #42 Brattby, rebaptisée en l’honneur de Craig Breen, qui y avait signé les meilleurs temps lors des deux passages dans le secteur chronométré de 10,76 km au volant de sa Hyundai n°42 l’an passé.

#69, Kalle Rovanperä / Jonne Halltunen, Toyota, abandon. pht. WRC

En battant Esapekka Lappi pour 3’’2, l’avantage du pilote finlandais du Toyota Gazoo Racing WRT sur Takamoto Katsuta s’élevait alors à 4’’9. Si son compatriote répliquait dans le test suivant après une prestation qu’il qualifiait d’« horrible et gênante », Kalle Rovanperä ne concédait que 1’’2 et portait son avance sur son équipier à 5’’7.

Le Finlandais bouclait toutefois l’ES4 avec des dégâts à l’arrière de sa voiture en raison d’une sortie de route. Takamoto Katsuta remportait la spéciale avec sept dixièmes de marge sur Elfyn Evans et héritait des commandes avec 11’’4 d’avance sur Esapekka Lappi à l’issue d’une matinée spectaculaire sur la neige suédoise.

En parallèle, Ott Tänak (Hyundai i20 N Rally1 Hybrid) était troisième avant un tête-à-queue l’envoyant dans un mur de neige et endommageant l’avant de sa voiture après 18,5 km dans l’ES4.

Enfin, Grégoire Munster (M-Sport Ford Puma Rally1 Hybrid) poursuivait son apprentissage de la catégorie reine avec prudence. S’il concédait quatre minutes en raison d’une crevaison dans l’ES4, le Luxembourgeois qualifiait sa journée de « folle » à l’arrivée de l’ES8.

Les classements ici

Samedi, les spéciales de Vännäs, Sarsjöliden et Bygdsiljum seront emrpuntées à deux reprises avant un premier passage dans le test d’Umeå, qui accueillera la Wolf Power Stage dimanche. Le coup d’envoi de l’étape sera donné à Vännäs (ES9) dès 7h45 heure locale.

WRC2

Solberg fait sensation dans la neige suédoise

Oliver Solberg a vécu un vendredi de rêve en Championnat du Monde FIA des Rallyes puisque le Suédois a terminé cette première étape à domicile au troisième rang du classement général et avec près d’une demi-minute d’avance en tête du WRC2 avec sa Škoda Fabia RS Rally2 préparée par Toksport WRT.

#21, Oliver Solberg / Elliott Edmondson, Skoda, P1. pht. WRC

Premier leader de sa catégorie grâce à son meilleur temps dans Umeå Sprint jeudi soir, Oliver Solberg (Škoda Fabia RS Rally2) commençait la journée avec trois secondes d’avance sur ses poursuivants.

Malgré du sous-virage dans #42 Brattby, le pilote âgé de vingt-deux ans devançait Sami Pajari (Toyota GR Yaris Rally2) pour 2’’1 pour étendre son avantage à 6’’2. Le Suédois récidivait en se montrant le plus rapide du contingent engagé en WRC2 dans l’ES3 et l’ES4 pour retrouver le parc d’assistance avec un tampon de 19’’7 sur son rival finlandais.

#25, Georg Linnamäe / James Morgan, Toyota, P2. pht. WRC

Si Georg Linnamäe (Toyota GR Yaris Rally2) arrêtait sa série de scratches dans l’ES5 en remportant sa première victoire absolue de spéciale en WRC, le leader n’était jamais menacé. Composant avec un problème de frein à main lui faisant rater un carrefour et perdre momentanément confiance, Oliver Solberg dominait à nouveau la feuille des temps dans l’ES7, puis dans l’ES8.

« C’est incroyable d’être troisième avec une Rally2, et c’est même un peu un rêve de le faire à domicile », s’extasiait Oliver Solberg. « Je suis très heureux, mais notre principal objectif reste le WRC2, où nous avons une bonne avance. Je suis donc content de cette journée. »

Georg Linnamäe, qui imprimait également son rythme en WRC2 dans l’ES6, terminait l’étape au deuxième rang de la catégorie et en tête du WRC2 Challenger, devant Sami Pajari, qui avouait un calage au départ de l’ES5.

Tenant du titre en WRC3, Roope Korhonen (Toyota GR Yaris Rally2) était quatrième alors que Mikko Heikkilä, Champion de Finlande des Rallyes en 2022, plaçait une quatrième Toyota GR Yaris Rally2 dans le top cinq en devançant Lauri Joona (Škoda Fabia RS Rally2).

#22, Sami Pajari / Eni Mälkönen, Toyota, P3. pht. WRC

Membre du programme Toyota Gazoo Racing WRC Challenge, Yuki Yamamoto (Toyota GR Yaris Rally2 ) était septième après les huit premières spéciales, précédant Isak Reiersen (Škoda Fabia RS Rally2), un ami d’enfance d’Oliver Solberg et vainqueur en Junior ERC du BAUHAUS Royal Rally of Scandinavia disputé en juillet dernier en Suède.

Victime de problèmes de turbo, Emil Lindholm (Hyundai i20 N Rally2) devait se contenter de la neuvième position, suivi par l’expérimenté pilote polonais Michał Sołowow (Škoda Fabia RS Rally2), leader en WRC Masters Cup.

Un temps huitième, Jan Solans (Toyota GR Yaris Rally2) s’arrêtait vendredi après-midi en raison d’un problème technique.

La quête d’Oliver Solberg pour une deuxième victoire consécutive dans la catégorie WRC2 en Suède se poursuivra samedi matin dès l’ES9 de Vännäs.

WRC3

Černý cède les commandes à Johansson

Parti à la faute ce vendredi après-midi, le Tchèque Jan Černý a concédé la tête du FIA WRC3 au Rallye de Suède au profit du jeune espoir local Mille Johansson.

#51, Mille Johansson / Johan Grönvall, Ford, P1. pht. WRC

Leader du championnat après sa victoire dans la catégorie Rally3 du Rallye Monte-Carlo le mois dernier, Jan Černý (Ford Fiesta Rally3) entamait la boucle de quatre spéciales enneigées de vendredi après-midi avec 13’’5 d’avance.

Deux kilomètres après le départ de l’ES5, sa voiture subissait toutefois d’importants dégâts à l’avant même si l’auteur du meilleur temps jeudi soir devrait repartir samedi après des réparations.

#43, Jan Cerny / Ondrej Krajca, Ford, P16. pht. WRC

Après avoir qualifié son premier départ au Rallye de Suède comme « un nouveau rêve devenant réalité », le Tchèque a posté un simple message « Je suis vraiment désolé » sur les réseaux sociaux.

Jan Černý est ensuite revenu sur son incident : « Nous avons tapé un mur de neige et endommagé le circuit de refroidissement. Il était impossible de continuer. C’était très difficile avec la formation de nombreuses ornières. Avec une voiture moins large que les Rally1 et Rally2, la situation est devenue très compliquée. Il ne reste plus qu’à réparer les dégâts pour essayer de marquer le plus de points possible d’ici dimanche. »

Nouveau venu en mondial après une campagne en ERC Junior, Mille Johansson (Ford Fiesta Rally3) se montrait le plus véloce ce matin dans l’ES2 et l’ES4, puis cet après-midi dans l’ES6 et l’ES7. Également leader du Junior WRC, le pilote âgé de dix-huit ans terminait l’étape avec 44’’8 d’avance sur Romet Jürgenson (Ford Fiesta Rally3), l’un des quatre membres du programme FIA Rally Star et le plus rapide en WRC3 dans l’ES5.

Fils d’Armin Schwarz, victorieux en WRC, Fabio Schwarz (Ford Fiesta Rally3) s’installait au troisième rang devant Raúl Hernández, Eamonn Kelly et Jose Caparo.

#52, Fabio Scharwz / Bernhard Ettel, Ford, P3. pht. WRC

Autre protégé de FIA Rally Star, Taylor Gill était bien placé dans la lutte aux avant-postes avant d’être trahi par deux pneus dans l’ES6. Également victime d’une double déflation dans l’ES7, Filip Kohn répliquait en imposant son rythme en WRC3 dans l’ES8.

Protagoniste de l’ERC3 l’an passé, Jakub Matulka se montrait le plus rapide dans l’ES3 et occupait la sixième place du WRC3 avant de partir à la faute dans l’ES5.

Le Rallye de Suède se poursuivra dès samedi à 7h45 heure locale avec l’ES9 de Vännäs.

JUNIOR WRC

Johansson brille à domicile

Le Suédois Mille Johansson a parfaitement lancé sa carrière en FIA Junior WRC en s’emparant des commandes de la catégorie à l’issue de la première étape du Rallye de Suède.

#51, Mille Johansson / Johan Grönvall, Ford, P1. pht. WRC

Issue de l’ERC Junior, la sensation suédoise âgée de dix-huit ans a pris la tête du Junior WRC dans l’ES5 et a rallié le parc d’assistance d’Umeå avec 44’’8 d’avance. Par ailleurs, Mille Johansson est déjà assuré d’inscrire quatre points Wolf Stage Win ce week-end pour ses quatre meilleurs temps acquis jusqu’ici.

Membre du programme FIA Rally Star, l’Estonien Romet Jürgenson est deuxième, suivi de l’Allemand Fabio Schwarz, de l’Espagnol Raúl Hernández et de l’Irlandais Eamonn Kelly. Lui aussi débutant en Junior WRC dans le cadre de FIA Rally Star, le Péruvien José Caparó occupe le sixième rang.

#47, Romet Jürgenson / Siim Oja, Ford, P2. pht. WRC

Romet Jürgenson aurait été plus proche de Mille Johansson sans le temps perdu dans l’ES3 lorsqu’une goupille de son capot s’est détachée, le privant d’une visibilité cruciale.

Soutenu par le RACB National Team, le Belge Tom Rensonnet terminait l’étape à la septième place alors que le Chilien Geraldo Rosselot, l’Espagnol Roberto Blach et le Bolivien Nataniel Bruun complétaient le top dix.

Après ses mésaventures l’obligeant à ménager une voiture endommagée vendredi matin, Diego Domínguez se rattrapait en signant le meilleur temps en Junior WRC dans l’ES8 après une double crevaison dans le test précédent. Nouveau venu en Junior WRC après son titre en ERC Junior, Norbert Maior était également retardé par deux pneus endommagés dans l’ES7.

Figurant parmi les quatre protégés du programme FIA Rally Star, Taylor Gill était également bien placé dans la lutte aux avant-postes avant que l’Australien ne chute dans la hiérarchie en raison d’une double déflation dans l’ES6.

Prétendant au titre l’an passé en ERC3, le Polonais Jakub Matulka se montrait le plus rapide dans l’ES3 et était cinquième en Junior WRC avant de partir à la faute dans l’ES5.

Dans des conditions difficiles causées par de fortes chutes de neige, les dix-huit pilotes du Junior WRC ayant pris le départ se comportaient tous admirablement au volant de leurs Ford Fiesta Rally3 préparées à l’identique par M-Sport Pologne et chaussées de pneumatiques Pirelli. Bruno Bulacia ne prenait toutefois pas le départ après avoir endommagé l’arceau de sécurité de sa monture dans un tonneau au shakedown jeudi matin.

La bataille pour la victoire en Junior WRC se poursuivra samedi matin, à commencer par la spéciale de Vännäs, longue de 15,65 km.

Communiqué WRC