Dakar, E6, Loeb tient sa revanche

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L’œil dans l’objectif

La promenade peut sembler agréable entre le bourg de Yauca et la petite ville de San Juan de Marcona…. Distants d’une petite centaine de kilomètres en empruntant la « Panamericana » qui longe l’Océan Pacifique. C’est un tout autre programme qui a été concocté pour les pilotes et équipages du Dakar, qui ont d’abord eu droit à une longue liaison pour atteindre ce départ de spéciale (267 km pour les motos, 443 km pour les autos). Surtout ils retrouvent d’emblée le redoutable secteur de dunes de Tanaka, le plus exigeant du rallye, dans une version encore plus pimentée qu’en 2018. Une fois franchie cette difficulté, les dunes d’Acari, un peu moins piégeuses, sont à nouveau visitées, sur un tracé différent de celui de l’étape 3, puis la virée sur la plage de Puerta Lomas rafraichit les esprits des navigateurs avant de se lancer dans une longue portion de hors-piste. L’explication finale se joue dans l’enchaînement entre les « Dunas grande » et les « Dunas Argentina », plus accessibles que celles de Tanaka mais positionnées à la fin d’une journée éprouvante. Il faut préserver toute sa lucidité pour franchir la ligne d’arrivée du jour !

Etape 6

L’essentiel

Pablo Quintanilla a bien profité de la journée de repos à Arequipa et fait coup double sur la route de San Juan de Marcona. A l’attaque dès le début de la spéciale, le pilote Husqvarna remporte sa première victoire depuis le départ de Lima au bout d’un joli duel avec Kevin Benavides et prend la tête du classement général aux dépends de Ricky Brabec repoussé à 7 minutes. Matthias Walkner, Toby Price et Adrien van Beveren restent menaçants au général alors que la course est maintenant bien plus décantée chez les autos.

Pablo QUINTANILLA, Husqvarna s’impose dans E6. Photo Eric Vargiolu / DPPI / Dakar

Sébastien Loeb a définitivement retrouvé le sourire avec sa deuxième victoire consécutive après avoir dompté les dunes de Tanaka qui l’avaient contraint à l’abandon l’an passé, mais n’est pas parvenu à lâcher un Nasser Al-Attiyah impérial. Le Qatari ne commet toujours aucune erreur et mène maintenant le général avec plus de 37 minutes sur l’Alsacien. Moins en réussite, Stéphane Peterhansel perd encore un temps précieux et tombe au 3e rang. Nicolas Cavigliasso continue de son côté d’imprimer son empreinte sur la course quad avec sa 5e victoire en 6 étapes. L’Argentin n’a fait qu’une bouchée de ses compatriotes alors que Chaleco Lopez fait de son côté briller les couleurs du Chili avec son second succès en SxS. Gerard Farres et Sergei Kariakin s’imposent eux comme les candidats les plus sérieux au général de la catégorie. Un classement provisoire qui reste inchangé chez les camions malgré la belle victoire de Siarhei Viazovich qui se rappelle aux bons souvenirs de ses adversaires.

Deuxième victoire d’étape pour Loeb. Pht. Marcelo Maragni/Red Bull Content Pool

La perf du jour

Après 5 jours de victoires des Kamaz, il fallait un homme pour mettre fin à cette domination. Une fin de série qui est venue de la part de Siarhei Viazovich qui a mis du temps à rentrer dans son rallye mais retrouve petit à petit le niveau qui lui avait permis de terminer sur la deuxième marche du podium l’an passé. Déjà vainqueur d’une étape en 2018, le Biélorusse ajoute un second succès à son palmarès avec un Maz qui n’est peut-être pas au niveau du rival Kamaz. Mais son coup de volant a fait la différence à San Juan de Marcona.

Siarhei Viazovich. Photo Florent Gooden / DPPI / Dakar

Le coup dur du jour

Il avait pris l’habitude d’avancer discrètement mais sûrement, que ce soit dans les classements moto de sa première carrière (6e en 2014) ou dans la catégorie auto qu’il a découverte il y a trois ans, jusqu’à devenir l’un des prétendants au podium (5e en 2018). Mais Jakub Przygonski, qui semblait appliquer sa stratégie à merveille et avait atteint la journée de repos en 4e position du classement général a perdu lourd dans les dunes de Tanaka. Le Polonais s’y est ensablé à plusieurs reprises. Décidé à rétablir la situation, il a entamé une remontée qui a été à nouveau stoppée nette en milieu de journée. Au total, il atteint l’arrivée avec 1h27 de retard sur Sébastien Loeb, et pointe maintenant à près de 2h10 de Nasser Al-Attiyah après avoir rétrogradé de deux rangs. L’objectif du podium s’éloigne.

 Jakub Przygonski. Pht. DPPI / Dakar

La statistique du jour

5 : c’est le nombre de victoires de Nicolas Cavigliasso, qui devient le dominateur le plus impressionnant de la catégorie quads depuis qu’elle a été créée en 2009. Même les frères Patronelli au plus fort de leur règne n’ont pas fait mieux, puis qu’Alejandro, l’aîné des deux, avait remporté 5 étapes de 2011, mais jamais aussi précocement dans la course. En la matière, le record est détenu par Ignacio Casale en 2014 avec 7 spéciales en poche à l’arrivée. Mais il n’en avait que deux au 6e jour de course.

La réaction du jour

Stéphane Peterhansel : « Encore une erreur stupide. On n’était pas trop mal dans la première spéciale, jusqu’à ce que je voie Nani planté à cinq kilomètres de l’arrivée. Il ne m’a pas fait signe pour me demander de l’aide, mais après le coup de main qu’il m’a donné il y a deux jours, je me suis senti obligé d’aller l’aider. Résultat, je me suis retrouvé dans une cuvette et on a perdu vingt minutes. Ce n’est pas une erreur, c’est une vraie connerie. Trop d’erreurs cumulées, la victoire s’envole. »

Paterhansel. Pht. Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

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