Dakar 2020, J-3, le Dakar prend l’accent de Jeddah

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À retenir :

–  À l’approche de la première édition du Dakar en Arabie Saoudite, les derniers préparatifs consistent à accueillir les pilotes et équipages pour trois jours de vérifications techniques et administratives. Le rallye a été invité à s’installer dans le complexe du stade du Roi Abdallah, également surnommé « le bijou », en lisière de Jeddah, la deuxième ville du pays.

–  Parmi les nouveaux venus sur le Dakar, les pilotes du cru font logiquement leur apparition en nombre, avec des prétentions et des moyens variés… mais tous avec l’avantage du terrain.

–  S’il est encore en route vers le Moyen-Orient, un autre débutant s’est annoncé aujourd’hui sur le rallye : l’explorateur Mike Horn, tout juste sauvé des glaces de l’Arctique, sera au départ en tant que copilote de Cyril Despres, lancé à la conquête du titre dans la catégorie SSV.

Tous les chemins mènent à Jeddah

Giniel De Villiers, of Toyota Gazoo Racing SA. Pht. Marcelo Maragni/Red Bull Content Pool

Depuis quelques jours, Jeddah, son port et son aéroport vivent au rythme du Dakar. Les pilotes et copilotes, précédés ou accompagnés de leurs équipes d’assistance ont par exemple investi les docks depuis hier matin pour récupérer leurs véhicules. La séparation datait de plus de deux mois pour les Sud-Américains, dont les autos, motos et quads étaient embarqués dans trois cargos partis de Lima, de Santiago et de Buenos Aires. La Péruvienne Fernanda Kanno entre autres, qui avait pris soin d’arriver en Arabie Saoudite avec quelques jours d’avance pour encaisser le décalage horaire, a vécu des retrouvailles émouvantes avec son Toyota Land Cruiser sous le soleil saoudien. La plus grosse cargaison a navigué une dizaine de jours en provenance de Marseille, à bord du Jolly Paladio, avec l’ensemble des véhicules européens (course, assistance, organisation). Une partie des concurrents asiatiques et sud-africains avaient quant à eux choisi la voie des airs et ont pu s’acquitter de leurs formalités douanières à l’aéroport, tandis que les plus proches voisins des pays du Golfe arabique ont commencé à sillonner les routes pour rejoindre Jeddah. C’est précisément sur le parc de déchargement situé sur la corniche à proximité du Dakar Village que sont allés stationner tous les véhicules… en attendant de passer véritablement à l’action.

Sam Sunderland, of Red Bull KTM Factory Team. Pht. Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

Despres, acte III : en SSV avec Mike Horn

Cyril Despres avec son céquipier, l’explorateur Mike Horn. Pht. Sam Decout / Red Bull Content Pool

Cyril Despres était resté très discret sur sa participation au Dakar 2020, après sa 5e place l’année dernière au Pérou au volant d’un buggy du Team X-Raid. Et pour cause, le projet qu’il a préparé dans la coulisse était suspendu à une interrogation de taille. Depuis longtemps en rapport avec l’aventurier Mike Horn, le quintuple vainqueur du Dakar à moto lui a proposé le siège de copilote dans un SSV engagé par le Team Red Bull. Emballé par l’opportunité de « réaliser un rêve d’enfant », le bourlingueur des pôles et des sommets a accepté le défi, à une réserve près : la traversée à ski de l’océan arctique qui devait l’emmener au pôle nord a été méchamment perturbée par la réduction inquiétante de la banquise. Le retard pris et le danger auquel il s’est exposé a compromis la formation de ce duo de luxe pour le Dakar, mais Horn sera bien en mesure d’honorer son rendez-vous avec Despres à Jeddah : « Ma vie d’explorateur m’a conduit dans de nombreux endroits et maintenant, c’est sur le Dakar. Je suis resté bloqué dans la glace pendant un mois, mais je suis en route pour l’Arabie Saoudite afin de retrouver mon ami Cyril Despres ». L’enjeu sportif est double pour le Français, qui se retrouve de fait en lice pour la gagne SSV, et qui participe en tant que parrain à l’opération de Red Bull visant à promouvoir la catégorie en dénichant de jeunes talents. Pour cette année, ce sera avec les Américains Blade Hildebrand, 21 ans, et Mitch Guthrie Jr, 23 ans.

Video : Red Bull Media House

Saoudiens du Dakar : le rêve à domicile

Douze véhicules seront pilotés par des Saoudiens cette année, ce qui constitue naturellement un record pour le pays, déjà représenté à plusieurs reprises dans les hautes sphères par Yazeed Al Rajhi, mais qui devrait cette fois-ci se retrouver impliqué à tous les niveaux du classement et dans toutes les catégories. Si Yasir Seaidan, qui a déjà manœuvré avec talent dans la catégorie T2 en 2016 (39e / 3e T2), aura peut-être des options pour se rapprocher du Top 10 au volant d’une Mini, ce ne sera certainement pas le cas de Mohammed Al Twijri. Bien qu’il participe à une douzaine de rallyes chaque année, il a lui-même conçu et préparé son 4×4 sur une base de Toyota et escompte surtout boucler le rallye dans son intégralité : « Cela fait 5 ans que je travaille dessus, que j’apporte des améliorations après chaque course. Lorsque j’ai appris que le Dakar se tiendrait en Arabie Saoudite, j’ai eu l’impression que c’était un rêve qui venait à moi ». Ibrahim Al Muhna cultive la même philosophie, avec quelques dizaines de milliers de kilomètres de plus au compteur et embarqué pour sa part dans un camion : « J’ai participé à 138 rallyes, au Moyen-Orient et en Afrique du nord, et je les ai tous terminés. La plupart du temps c’était en voiture, mais ce sera tout de même mon 10e rallye en camion. Je suis optimiste, donc je me donne 100 % de chances de voir l’arrivée ». L’unique motard saoudien engagé sur le Dakar, Mishal Alghuneim, se montre un peu plus mesuré, à la fois conscient de la responsabilité qu’il porte et de la difficulté de son défi : « Je viens de remporter le titre de champion d’Arabie Saoudite et ça me donne de la confiance, mais c’est la première course sur laquelle je ne viens pas pour performer… juste pour finir ».

Ibrahm Almuhna (sau), Osama Al Sanad (sau), Raed Abo Theeb (sau), Unimog, Ibrahim Almuhna. Photo Julien Delfosse / DPPI / Dakar

Edwin Straver : « l’objectif, c’est de toujours de finir »

40 Straver Edwin (nld), KTM. Photo Julien Delfosse / DPPI / Dakar

Découvrir le Moyen-Orient après deux expériences en Amérique du Sud ravit Edwin Straver. À l’heure des vérifications administratives et techniques organisées à Jeddah, cet ancien pilote de motocross se dit impatient de mettre le cap sur Al Wajh pour une première étape que l’on dit longue et musclée. « C’est super de changer de terrain de jeu, lance Edwin à la sortie d’un premier briefing réservé à la bonne utilisation de l’Iritrack. J’ai fait deux Dakar en Amérique du Sud, et même si j’adore ce continent, c’est bon de changer. Cette année, ce sera vraiment une nouvelle aventure. » Vainqueur l’an dernier de la catégorie Original by Motul, Edwin Straver a décidé pour le premier Dakar organisé en Arabie Saoudite de remettre le couvert en malles-motos. Et pas seulement par soucis d’économie. « Se débrouiller seul, cela convient très bien à mon caractère et à ma façon de voir la course, affirme le gaillard. Je ne suis peut-être pas le plus rapide, mais je suis un pilote complet et plutôt régulier. Et puis se débrouiller seul, c’est l’esprit même du rallye raid. » Cette année, l’organisation a décidé de donner un petit coup de pouce à ces aventuriers en limitant pour tous les pilotes le temps de préparation au road-book. « On aura des road-books déjà colorés et ils seront souvent remis seulement le matin, se réjouit Edwin. Cela va nous aider car quand tu es engagé dans la catégorie Original by Motul, tu n’as pas trop de temps à consacrer à la préparation du road-book. Quand tu rentres tard le soir, la priorité va à la moto et au repos. » Malgré sa victoire en 2019, le pilote néerlandais reste prudent au moment d’afficher ses ambitions. « L’an dernier, je ne m’attendais pas du tout à gagner, assure-t-il. Alors cette année je n’aurai d’autre objectif que de rallier l’arrivée. Finir un Dakar, c’est déjà quelque chose de très fort. Surtout que pour cette édition, il y aura une quarantaine de pilotes engagés en malles-motos. » Sans oublier un parcours riche en surprises. « On aura beaucoup de sable et de pierres, annonce le pilote KTM. Je ne pense pas qu’on sera très loin de ce qu’on a connu l’an dernier au Pérou, la navigation pourrait en revanche être un peu plus compliquée. » Premier élément de réponse dimanche 5 janvier.