29 juin 2022

À mi-Dakar, après la journée de repos, la hiérarchie prend forme, au Championnat du Monde de Rallye-Raid FIA-FIM

À retenir :

  • Les championnats du monde sont bel et bien lancés, six étapes ont commencé à départager les pilotes et équipages engagés pour participer aux cinq manches programmées sur l’année 2022 (la liste complète des inscrits disponible sur le site du W2RC), les prochains rendez-vous étant fixés à l’Abu Dhabi Desert Challenge en mars, au Rally Kazakhstan en avril, à l’Andalucía Rally en juin et au Rallye du Maroc en octobre.
  • Les leaders du Dakar, à commencer par Nasser Al Attiyah en autos (T1), sont logiquement sur une feuille de route encourageante en attendant de toucher le pactole en fin de course (barème de points à consulter sur le site de la FIA). Mais parmi les compétiteurs qui ont perdu l’espoir de s’imposer en fin de Dakar, plusieurs se montrent particulièrement actifs dans la chasse aux points, à l’image de Seth Quintero qui collectionne en T3 les victoires d’étapes.
  • Pour le championnat du monde FIM, les premiers points ne seront attribués qu’à la fin du Dakar, mais la tendance se dessine déjà pour les protagonistes majeurs qui se détacheront à l’issue de la première manche. En RallyGP, une option encore fragile est prise par Sam Sunderland, leader à mi-course.  Plusieurs jeunes pilotes de Rally 2 peuvent aussi espérer remporter leurs premiers points dans leur catégorie. Le jeune Américain Mason Klein pose déjà des jalons.
 

Les classements ici

 

AUTOS : AL ATTIYAH-LOEB, LE MATCH EST LANCÉ

En tête de classement, la logique a installé Nasser Al Attiyah (Toyota Gazoo Racing) qui mène le Dakar avec un matelas chronométrique plutôt épais, mais dont l’avantage n’est pas si flagrant dans la hiérarchie du W2RC.

Nasser Al-Attiyah (QAT). pht. Red Bull

Avec 20 points,  le Qatarien ne dispose que de deux points d’avance sur Sébastien Loeb (BRX), tandis que les places glanées en route par Yazeed Al Rajhi (Overdrive Racing) en font également un rival dangereux avec 14 points.

#211, Loeb Sebastien (fra). pht. Dakar

S’ils n’ont pas nécessairement vocation à rivaliser avec le maître actuel de la compétition, plusieurs pilotes engagés avec des écuries privées se positionnent pour tirer leur épingle du jeu sur certains épisodes de la série. Mathieu Serradori avec son buggy Century a par exemple marqué ses premiers points avec sa performance réalisée sur l’étape 5 (3e des engagés W2RC).

#212, Serradori Mathieu (fra). pht. Florent Gooden / DPPI

C’est bien aussi l’intention de Guerlain Chicherit (GCK), qui en est passé tout près le même jour et c’est le genre de coups dont pourraient se montrer capables Jakub Przygonski (X-Raid Mini) et les pilotes MD Rallye Sport Optimus, Pierre Lachaume ou Jean-Rémy Bergounhe.

#205, Al Rajhi Yazeed (sau). pht. Red Bull

La compétition détermine également un classement constructeur, pour lequel seuls les points récoltés par les deux meilleurs pilotes de chaque team engagés seront comptabilisés en fin de chaque manche. Pour l’heure, les projections placent Toyota en tête, mais BRX ne sera pas loin, surtout qu’en renfort de Sébastien Loeb, « Orly » Terranova a prouvé avec sa victoire d’étape qu’il pouvait contribuer aussi bien que « Nani » Roma à la compétitivité des Hunter.

#204, Roma Nani (spa). pht. Red Bull

« PROTO-LÉGERS » / T3 : À QUI PERD GAGNE

Hors-jeu pour aller chercher une victoire à Jeddah depuis son retrait de la spéciale 2, Seth Quintero a mis le cap sur la chasse aux points du W2RC. L’Américain reçoit 5/5 sa nouvelle mission, ne laissant à personne d’autre le soin de remporter les spéciales en dehors de cette malheureuse journée. Il compte déjà 25 points au championnat. Mais « Chaleco » en Can-Am South Racing, qui vient s’aventurer sur les mêmes terres en 2022, n’est qu’à 3 points. Cristina Gutierrez se place sur le podium provisoire avec 14 points, suivie par son coéquipier de la Red Bull Off Road Junior Team Guillaume de Mévius avec 9 points.

#303, Quintero Seth (usa). pht. Florent Gooden / DPPI

Derrière eux, ils sont 17 engagés, comme Philippe Pinchedez qui a déjà marqué les points de son premier podium, qui vont s’immiscer dans la bataille vers le podium marocain. Des équipes aussi sérieuses que PH Racing, X-Raid Yamaha, FN Speed ou Buggyra ZM Racing vont monter en puissance tout au long des cinq rounds.

Au classement des constructeurs, Overdrive avec son OT3 emmené par les Quintero, Guterriez, De Mévius et Mikkelsen a beau avoir pris une longueur d’avance, il faudra compter sur les Can-Am de South Racing, Pinch Racing, FN Speed ou Sebastian Guyasamin, les Zephyr de PH-Sport et les Yamaha développés par X-Raid qui ont eux aussi l’ambition de s’inviter dans la partie.

Cristina Gutierrez (ESP). pht. Red Bull

SSV / T4 : UN GOCZAL PEUT EN CACHER UN AUTRE

S’il y avait un classement familial au W2RC, les Goczal auraient déjà pris une belle option. Les frères polonais de chez Cobant-Energylandia ont déjà remporté chacun deux étapes sur le Dakar et donc au championnat… mais une alliance des points n’est pas possible ! Cela fait les affaires de Rodrigo Luppi de Oliveira de South Racing Can-Am. Le Brésilien a remporté une seule spéciale mais a occupé deux fois les autres marches du podium pour s’installer en tête du championnat avec 20 points.

#403, Goczal Michal (pol). pht. Frederic Le Floch / DPPI

Une régularité qui est aussi l’apanage d’Austin Jones, ex aequo à 18 points avec Michal Goczal à la 2e place du provisoire. Marek est 4e, juste derrière à 17 points, Rokas Baciuska,  5e à 9 points, et enfin Aron Domzala, 6e  à 8 points. Lucas del Rio de South Racing et Gaël Gueralt de FN Speed, les deux autres prétendants au titre ne tarderont pas à entrer dans la bataille d’une guerre fratricide entre Can-Am.

CAMIONS / T5 : MACIK BIEN LANCÉ

Les camions profitent cette année d’une évolution au sein des règlements de la FIA, qui les accueille désormais comme une catégorie à part entière dont le vainqueur en fin de championnat se verra attribuer un titre. Cinq équipages pionniers ont décidé de se lancer dans l’aventure et c’est le Big Shock Racing emmené par Martin Macik qui s’est montré le plus ambitieux avec trois camions engagés. Le patron tchèque s’occupe lui-même de la moisson de points : il en a accumulé 28, tandis que son complice néerlandais Kees Koolen reste au contact avec 22.

#503, Macik Martin (cze). pht. Florent Gooden / DPPI

MOTOS : WALKNER CANDIDAT À SA PROPRE SUCCESSION

Le règlement FIM des motos n’est pas calqué sur celui de la FIA pour ce qui est de l’attribution des points. Les motards ne récoltent en effet pas de bonification à chaque fin étape. Pourquoi ce traitement distinct ? Afin de ne pas les inciter à aller chercher les places d’honneur au détriment de leur gestion de course, philosophie originelle de la discipline qui récompense l’endurance plus que la vitesse chez les motos, gage évident de sécurité pour ces concurrents moins protégés lorsqu’ils partent à la faute en piste. Il faudra donc attendre l’arrivée de la première manche W2RC pour ouvrir les compteurs.

Matthias Walkner (AUT). pht. Red Bull

À mi-course, il est vain de tenter de faire des pronostics quant aux chances des pilotes des six marques inscrites. Mais Matthias Walkner, champion du monde en titre sur KTM,  a prouvé depuis une semaine qu’il était en mesure de défendre sa couronne. Deuxième du général provisoire, « Hiasi » est encadré par les deux officiels GasGas, la marque la mieux placée pour l’instant en vue des points qui seront distribués à l’arrivée aux constructeurs. Mais Honda et ses quatre pilotes encore en lice, la « dream team » KTM composée de trois anciens vainqueurs du Dakar, ou Sherco avec « Santo » en position d’attente idéale ont toutes leurs chances. Hero a montré qu’il faudra aussi compter sur elle, Joaquim Rodrigues l’a prouvé en remportant cette semaine la première victoire de la marque indienne. Xavier de Soultrait sur Husqvarna et Martin Michek sur KTM ont relevé le challenge au milieu des officiels et sont à surveiller.

Danilo Petrucci (ITA). pht. Red Bull

Catégorie enrôlée d’office par la FIM pour promouvoir la relève de la discipline, les Rally 2 aussi auront leur premier classement à l’issue du Dakar. Un moyen pour eux de se faire remarquer par les usines et les médias mais aussi par des partenaires afin de les aider à trouver les moyens nécessaires pour progresser dans la hiérarchie. Et chez les Rally 2, il en est un que tout monde voit déjà comme le premier vainqueur de la catégorie en la personne de Mason Klein. L’Américain de 20 ans domine franchement le débat devant un autre rookie, Bradley Cox. Camille Chapelière, 22e et premier Français sur le Dakar en 2021 pour sa première participation, n’est pas loin du fils d’Alfie Cox. Deux autres nouveaux venus au Dakar, l’expérimenté Paolo Lucci et Romain Dumontier, l’ex-enduriste aux dix saisons d’EnduroGP dans les sacoche banane, devraient aussi prétendre à venir jouer les trouble-fête.

QUADS : GIROUD ET COPETTI BIEN PLACÉS

Chez les quads, Manuel Andujar, 2e de la coupe du monde 2021 après avoir remporté toutes les manches à l’exception de l’Abu Dhabi Desert Challenge où il n’avait pas pris le départ, espérait bien reprendre sa couronne en fin d’année. L’Argentin commence mal sa course au titre de vainqueur de la coupe du monde suite à son abandon à l’étape 6.

#174, Giroud Alexandre (fra). pht. Florent Gooden / dppi

Giroud, Copetti et Maksimov, actuellement en tête du Dakar, ne devraient pas se faire prier pour se partager les premiers points à prendre à l’arrivée de la 1ère manche !

Monsieur Le Mans, Ickx Jacky (ancien vainqueur également du Dakar) et Khadja Nin, en visite au bivouac du Dakar. pht.  Eric Vargiolu / DPPI

Dakar Classic

Communiqué : Dakar

Crédits photos : Dakar – Red Bull

Crédits vidéos : Dakar Toutube

 

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