Dakar, E3, le grand chamboule-tout

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L’œil dans l’objectif

Arequipa, la deuxième ville du pays se situe au pied du volcan Misti. Et si la spéciale du jour ne s’est pas jouée dans les environs, c’est bien une déflagration qui s’est produite dans les classements du Dakar. Aujourd’hui, les pilotes ont dû se débattre bien plus au nord dans les zones de « Duna Grande » et de « Duna Argentina », proches de San Juan de Marcona, avant de monter d’un cran en altitude (2n000 mètres), dans la région de la Cobrepampa où les difficultés de navigation ont eu raison des espoirs de Joan Barreda. Quelques passages de fesh-fesh ont ensuite occupé les plus fins techniciens, dans une troisième partie d’étape marquée par l’alternance entre des passages roulants et la traversée des dunes d’Acari.

Etape 3

L’essentiel

Sur cette étape de tous les dangers, Xavier de Soultrait aura déjoué les pronostics après deux journées difficiles et profité des égarements de ses adversaires pour signer une performance majuscule. Le pilote Yamaha remporte sa première victoire sur le Dakar d’un rien face à un Pablo Quintanilla qui réalise la belle opération du jour en prenant la tête du général avec une confortable avance.

Xavier De Soultrait. Photo Antonin Vincent / DPPI / Dakar

Un classement provisoire qui change également de physionomie chez les autos avec les difficultés de Giniel de Villiers et de Carlos Sainz.  Journée sans embuche en revanche pour Stéphane Peterhansel qui a déroulé et signe sa 42e victoire sur le Dakar en autos, laissant son dauphin du jour Nasser Al-Attiyah prendre la tête du rallye. Vainqueur hier, Sébastien Loeb a lui subi, à plus de 42 minutes du vainqueur. En SxS, Gerard Farres a maintenant pris la mesure de sa nouvelle catégorie avec sa première victoire d’étape devant son ancien adversaire en moto et nouveau leader au provisoire Chaleco Lopez. Jeremias Gonzalez Ferioli a de son côté mis fin à la domination de Nicolas Cavigliasso chez les quads avec sa première victoire de l’année face à son compatriote argentin qui reste cependant solide leader du général. Un classement provisoire également inchangé en camion malgré là aussi la rébellion d’Andrey Karginov, vainqueur en 2014, qui s’impose largement face à Federico Villagra.

 Peterhansel. Pht. DPPI / Dakar

La perf du jour

Se définissant lui-même comme un gentleman driver, Aron Domzala n’en a pas moins un joli coup de volant. Pour ses débuts sur le Dakar, le Polonais apprend vite et bien, sans faire la moins faute. Une attitude qui mène le pilote Toyota de 29 ans dans le Top 10 du général (meilleur rookie) après son joli 8e temps scratch à Arequipa. Domzala, un nom à surveiller pour la suite du rallye… et les années à venir !

  Aron Domzala.  Photo Antonin Vincent / DPPI / Dakar

Le coup dur du jour

Joan Barreda collectionne les étapes sur le Dakar, mais deux jours après avoir remporté sa 23e spéciale, c’est son penchant à accumuler les pépins qui l’a poursuivi. Après avoir connu les blessures, les impasses mécaniques et les erreurs fatales de navigation, il a expérimenté une autre variante au km 143 de la spéciale du jour. En s’aventurant dans une très raide descente, l’Espagnol s’est retrouvé coincé au fond d’une cuvette, dans l’incapacité de faire machine arrière avec sa Honda. Après avoir tenté de trouver une solution pour sortir de ce piège, le leader du classement général s’est rendu à l’évidence et a appelé un hélicoptère qui est venu l’évacuer. Il s’agit de son quatrième abandon en neuf participations au Dakar.

 Joan Barreda. pht. DPPI / Dakar

La statistique du jour

  1. Soit le nombre de victoires sur le Dakar de Stéphane Peterhansel. Avec 33 succès à moto et désormais 42 en autos suite à sa nouvelle démonstration sur la route d’Arequipa, le Français est plus que jamais dans la légende du rallye. Et mérite plus qu’aucun autre le surnom de « monsieur Dakar ».

  La réaction du jour

« C’était un peu le chaos dans notre groupe »

Sam Sunderland.  Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

Sam Sunderland : « C’était difficile en raison du brouillard, mais je pense que le road-book était plutôt correct. Le problème c’est que sur le plateau on ne voyait pas grand-chose, pas à plus de 200 mètres devant nous. Alors je me suis arrêté et j’ai enlevé mon masque, de façon à voir à peu près quelque chose… C’était un peu le chaos dans notre groupe, tout le monde partait dans tous les sens. Mais bon, j’suis sûr qu’il y aura encore d’autres étapes comme celle-là… c’est le Dakar, il y a des hauts et des bas. Je prends les jours comme ils viennent en faisant le moins d’erreurs possible. »

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