WRC, Turquie, les Citroën en tête vendredi

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Esapekka Lappi emmène un doublé provisoire de Citroën Racing au Rally Turkey après qu’une première étape sens dessus doussous a redonné des couleurs aux prétendants au titre WRC que sont Sébastien Ogier et Thierry Neuville.

Lappi, Citroën. Pht. Red Bull Content Pool

Lappi a terminé une longue et dure journée, au cours de laquelle les éléments ont gêné autant qu’ils le pouvaient sur les concurrents, avec 17 »7 d’avance sur l’autre Citroën C3 de son équipier et champion du monde Ogier. Neuville pointe 0 »7 plus loin sur une Hyundai i20.

Sébastien Ogier, Citroën. Pht. Red Bull Content Pool

Le leader du championnat, Ott Tänak, navigue en huitième position après qu’une journée mouvementée à bord de sa Toyota Yaris a requinqué les espoirs de ses rivaux pour le titre. Neuville est à 33 points de l’Estonien au championnat et Ogier à 40 avant cette 11e des 14 manches.

Ott Tanak, Martin Jarveoja, Toyota Gazoo Racing. Pht. Red Bull Content Pool

La chaleur intense et les routes jalonnées de pierres, sur les hauteurs de la côte turquoise, ont procuré un défi ardu le matin. L’après-midi a été encore plus exigeant, routes plus cassantes et forte pluie réduisant l’adhérence à néant.

Thierry Neuville. Pht. Red Bull Content Pool

Thierry Neuville. Pht. Red Bull Content Pool

Jari-Matti Latvala a pris la première place au terme de la spéciale d’ouverture de ce vendredi, devant Neuville et Andreas Mikkelsen qui étaient ex æquo en tête après le court lever de rideau du jeudi soir. Puis Lappi est passé devant et a augmenté son avance dans chacune des quatre autres spéciales.

“Je n’avais jamais vu ce type de spéciale. J’ai eu au moins 15 énormes chocs sur la voiture”, a déclaré Lappi.“Pas de problème pour l’instant, excepté un calage dans une épingle. Un écart de 17 secondes, c’est beaucoup en Finlande, mais sur ce rallye, même une minute n’est pas grand-chose.”

L’avant dernière spéciale de Çetibeli et ses 38,15 km ont chamboulé la hiérarchie. La pluie a rendu les conditions plus impitoyables pour ceux ayant privilégié les pneus Michelin durs – choix logique pour une météo chaude et sèche. Ceux qui avaient opté pour les medium se sont frotté les mains.

Thierry Neuville a signé un chrono impressionnant sous la pluie de l’ES6, remontant troisième au général.

Un meilleur temps signé Thierry Neuville a propulsé le Belge de la septième à la troisième place, après une matinée frustrante durant laquelle il avait lutté avec la tenue de route de sa i20. Dans le dernier secteur chronométré, il s’est rapproché encore plus d’un Ogier retardé par une crevaison.

Teemu Suninen est quatrième avec sa Ford Fiesta, malgré un tête-à-queue dans la première spéciale du jour. Le Finlandais est à 20 »5 de Neuville et 19 »7 devant Mikkelsen, qui a détenu la deuxième place toute la journée avant de perdre près d’une minute avec les mauvaises gommes dans Çetibeli.

Le plus rapide dans la dernière spéciale, Dani Sordo s’est vu promu à la sixième place après une crevaison en début de journée sur sa i20. L’Espagnol compte 6 »9 d’avance sur Kris Meeke, qui a lui aussi rencontré des soucis de pneus et a piloté prudemment après avoir endommagé le point de levage de roue sur sa Yaris.

Tänak est à 5 »3 de son équipier britannique après avoir perdu du temps en ouvrant la route et dégageant une ligne propre sur la terre meuble, et encore 1’20 en raison d’une crevaison.

Après une crevaison pour lui aussi l’après-midi, Latvala a plongé en neuvième position au terme d’une journée décevante pour Toyota Gazoo Racing. Pontus Tidemand complète le classement des WRC sur une Fiesta.

La journée de samedi sera d’un format similaire avec deux boucles de trois spéciales, mais cette fois à l’ouest de Marmaris. Plus de 110 km chronométrés sont au programme, avec pour toile de fond les impressionnants décors de carte postale de la côte méditerranéenne.

RÉACTIONS DE…

Pierre Budar, Directeur de Citroën Racing

 » Il fallait venir à bout de cette étape inaugurale, toujours déterminante pour la suite du rallye, or nos deux équipages ont su faire preuve de beaucoup de lucidité, pour trouver le parfait équilibre entre attaque et préservation de la mécanique dès lors que le terrain, extrêmement cassant, tournait vraiment au chantier. C’est aussi la confirmation de la compétitivité retrouvée de C3 WRC, et nous allons dès à présent mettre à profit l’assistance de ce soir pour faire en sorte de continuer sur cette lancée demain, car la concurrence est toute proche. « 

Sébastien Ogier, Pilote du Citroën Total WRT

 » C’était une journée particulièrement piégeuse et je suis satisfait de la finir à cette position. J’ai perdu la lame du pare choc avant dans la première spéciale de l’après-midi, et cela nous a un peu handicapé d’un point de vue aérodynamique sur la fin de boucle. Si l’étape de demain s’annonce a priori un poil moins cassante qu’aujourd’hui, il y aura forcément toujours des portions très délicates dont il faudra aussi venir à bout sans encombres. Une nouvelle grosse bagarre nous attend et vous pouvez compter sur moi pour repartir à l’attaque ! « 

Esapekka Lappi, Pilote du Citroën Total WRT

 » C’est forcément une très bonne journée pour nous ! Nous n’avons pas connu le moindre souci et je pouvais faire ce que je voulais de ma C3 WRC. Je pense que nous avons adopté une approche intelligente et su trouver le bon rythme en nous efforçant de rester au maximum dans les traces. Les spéciales lentes et techniques ne constituent pas a priori mon terrain de prédilection, je suis donc satisfait de ma prestation du jour. Mais tout reste encore à faire et nous allons tâcher de poursuivre ainsi. « 

WRC 2, Kopecky mène en Pro

Jan Kopecky a survécu à une journée extrêmement difficile pour disposer d’une confortable avance en tête de la catégorie WRC 2 Pro.

Kopecky. Pht. Red Bull Content Pool

Kopecky. Pht. Red Bull Content Pool

Les routes jonchées de pierres de la côte turquoise n’ont réservé aucun traitement de faveur aux concurrents.

Victorieux à Marmaris dans l’antichambre du WRC l’an passé, Jan Kopecký (Skoda Fabia R5 Evo) n’était pas épargné malgré une avance de 1’22 »8 à son retour au parc d’assistance. Malgré deux crevaisons dans la première spéciale de l’après-midi, le Tchèque pilotait prudemment dans les deux tests suivants puisqu’il n’avait plus de roue de secours à sa disposition.

S’il voyait fondre son avance de près de trois minutes à mi-journée sur Gus Greensmith, ce dernier rebondissait bien après deux crevaisons pour sa première apparition sur la nouvelle Ford Fiesta R5 en remportant les trois spéciales de l’après-midi.

Kalle Rovanperä (Skoda Fabia R5 Evo) menait les débats après la super-spéciale disputée jeudi soir, mais le leader du championnat partait ensuite en tonneau dès la première spéciale. Plus tard, le Finlandais abandonnait après une troisième crevaison alors qu’il n’avait embarqué que deux roues de secours.

Auteur d’une journée exemplaire en remportant les trois spéciales du matin, puis en évitant les ennuis l’après-midi, Kajetan Kajetanowicz (Skoda Fabia R5) menait le WRC 2 avec 3’04 »0 de marge sur Marco Bulacia (Skoda Fabia R5).

Le Bolivien n’était qu’à quarante secondes du Polonais (photo ci-dessous) avant de devoir s’arrêter changer une roue dans l’avant-dernière spéciale. Il gardait toutefois 1’34 »1 de réserve sur Fabio Andolfi (Skoda Fabia R5), lui aussi contraint de s’arrêter dans l’ES2, puis dans l’ES3. L’Italien rétrogradait alors au neuvième rang, mais son triplé l’après-midi le faisait remonter sur le podium provisoire.

Diego Salvi (Skoda Fabia R5) était quatrième à plus de huit minutes tout en précédant Henning Solberg (Skoda Fabia R5), dont la journée s’arrêtait sur la casse d’un arbre de transmission, et l’enfant du pays Burak Çukarova (Skoda Fabia R5).

Parmi les abandons, on retrouvait  »Pedro » (Ford Fiesta R5), Gaurav Gill (Ford Fiesta R5), Deniz Fahri (Skoda Fabia R5), mais aussi Bugra Banaz (Ford Fiesta R5), qui voyait sa voiture être consumée par les flammes dans la liaison menant à la dernière spéciale du jour.

Classement vendredi