WEC, Toyota s’impose aux 24h du Mans, le constructeur japonais Champion du monde de la super saison.

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Avant que le drapeau français ne soit présenté par S.A.S. la Princesse Charlène de Monaco, Toyota était le grand favori de cette 87e édition des 24 Heures du Mans qui a connu, comme c’est devenu une habitude un grand succès populaire.

Mais le défi restait de taille pour la marque nippone, le double tour d’horloge sarthois, exigeant, impitoyable pour les machines comme pour les hommes. Toyota sait mieux que n’importe quel autre constructeur à quel point rien n’est jamais gagné dans la Sarthe. Une fois encore, dans la dernière heure, le Mans a montré son visage impitoyable car la Toyota TS050 Hybrid #7, à qui la victoire était promise, échoue à la deuxième place. C’est la Toyota TS050 Hybrid #8 de Fernado Alonso, Sébastien Buemi, et Kazuki Nakajima qui monte sur la plus haute marche du podium. Toyota devient ainsi le premier constructeur japonais à compter deux succès en Sarthe. Une troisième consécration d’affilée en 2020 lui permettrait de conserver définitivement le grand Trophée des vainqueurs…

Toyota Gazoo Racing S. BUEMI / K. NAKAJIMA / F. ALONSO

LMP1

S.A.S. la Princesse Charlène de Monaco a donné le départ

Toyota signe un doublé en catégorie LMP1 au terme d’une course qui n’a pas manqué à la réputation de la classique mancelle.

Après un premier succès décroché en 2018, les Japonais confirment cette année avec les Toyota TS050 Hybrid qui signent un magnifique doublé, la #8 devant la #7. Douze mois après leur triomphe, Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima et Fernando Alonso pensaient devoir se contenter de la deuxième place. Et c’est le trio Mike Conway, Kamui Kobayashi et José-Maria Lopez qui devait s’imposer, comme un symbole. Logiquement, aussi, puisque la #7 a pointé en tête de tous les classements horaires – sauf deux – et que sa domination fut totale.

La victoire semblait acquise à la Toyota TS050 #7, M. CONWAY / K. KOBAYASHI / J. LOPEZ

Au départ, les deux Toyota TS050 Hybrid prenaient leur envol progressivement. Mike Conway (Toyota TS050 Hybrid #7 Toyota Gazoo Racing) profitait d’une piste claire pour enchaîner les boucles rapides. Son 4e passage sur la ligne allait être le meilleur de la course, en 3’17’’297. Après une heure, l’écart était de 15 secondes, puis allait progressivement atteindre la minute.

La huitième heure laissait entrevoir une possible bataille en piste. José-Maria Lopez, sur la #7, tirait tout droit à Mulsanne, laissant Kazuki Nakajima sur la #8 passer. Mais la Toyota TS050 Hybrid #7 allait reprendre la tête durant la nuit grâce à deux éléments : les meilleurs temps au tour des pilotes et des arrêts ravitaillement eux aussi plus efficaces. Un scénario opposé à celui de l’an passé, lorsque la #8 brillait sur ces deux chapitres. Mais le coup de théâtre est survenu à 13 h 58. La #7 était alors signalée au ralenti à cause d’une crevaison, et José-Maria Lopez devait rentrer à allure réduite. Dans les S Porsche, Kazuki Nakajima sur, la #8, passait pour une dernière heure en tête !

SMP Racing BR Engineering BR1 – AER 3 11 V. PETROV / M. ALESHIN / S. VANDOORNE

La course des LMP1 non-hybrides ne fut pas moins mouvementée. Crevaisons, erreurs en piste, problèmes techniques. Les deux Rebellion R13 – Gibson ont souffert, en particulier la #3 de Thomas Laurent, Nathanaël Berthon et Gustavo Menezes. On se souviendra en particulier du choc impressionnant, au niveau de la seconde chicane des Hunaudières, pour Thomas Laurent en début de soirée, peu après 21 heures. En mettant le pied sur le frein, il allait abîmer son auto dans le rail. Peut-être moins rebelles mais plus constants, les pilotes de la BR Engineering BR1 – AER #11 SMP Racing ont réussi à décrocher la troisième place du podium. Mikhail Aleshin, Stoffel Vandoorne et Vitaly Petrov n’ont jamais reculé au-delà de la 4e place. Belle fiabilité pour le bloc AER et pour cette BR Engineering BR1 au dessin si séduisant.

LMP2

Le spectacle en LMP2 a été assuré par des luttes à couteaux tirés entre TDS Racing, G-Drive et Signatech Alpine, cette dernière s’imposant au final.

Signatech Alpine Matmut N. LAPIERRE / A. NEGRÃO / P. THIRIET

En LMP2, le début de course fut animé entre trois équipes : on retrouvait Matthieu Vaxivière (Oreca 07 – Gibson #28 TDS Racing) à la lutte avec Nicolas Lapierre (Alpine A470 – Gibson #36 Signatech Alpine) et Jean-Eric Vergne (Aurus 01 – Gibson #26 G-Drive Racing). Les équipes IDEC Sport et DragonSpeed suivaient.

Au fil des arrêts aux stands et des changements de pilotes, c’est l’équipe G-Drive Racing qui s’imposait comme la référence. En piste, Job van Uitert prenait le meilleur sur Nicolas Lapierre. Lors du relais suivant, Jean-Eric Vergne se libérait d’André Negrão… Le duel était équilibré mais tournait au cours de la nuit en faveur de l’équipe russe, avant un coup de théâtre. Lors de son 28e passage par les stands, l’Aurus 01 – Gibson #26 de G-Drive Racing refusait de démarrer. Ce problème allait immobiliser l’engin 20 minutes dans son box… Repartie, la voiture chutait au 7e rang. Voilà comment l’Oreca 07 – Gibson #38 de Jackie Chan DC Racing, régulière, puis l’Oreca 07 – Gibson #28 de TDS Racing complètent le podium derrière Alpine, de nouveau vainqueur après 2016 et 2018.

LM GTE PRO

A Ferrari la victoire dans la catégorie LM GTE Pro, très indécise pendant une grande partie de l’épreuve.

AF Corse A. PIER GUIDI / J. CALADO / D. SERRA

Pour ce qui devrait être leur dernière campagne, les Chevrolet Corvette C7.R n’ont pas réussi à tirer leur épingle du jeu dans la Sarthe. La Chevrolet Corvette C7.R #64 fut la première à abandonner, sur sortie de piste. Un contact entre Marcel Fässler (alors au volant) et Satoshi Hoshino (Porsche 911 RSR #88 Dempsey – Proton Racing) envoyait la « Vette » dans les barrières de protection. Impossible de repartir.

Pendant les premières heures de course, les cinq premiers restaient roue dans roue. Ils étaient toujours 10 dans le même tour à 19 heures samedi, et la bataille faisait rage entre la Chevrolet Corvette C7.R #63 de Corvette Racing, souvent en tête, les Porsche 911 RSR du Porsche GT Team #92 et #93 à proximité, et la Ferrari 488 GTE #51 AF Corse. Les Ford étaient un peu décrochées. A la 10e heure de course, l’entrée en piste des voitures de sécurité allait imposer de nouveaux écarts. La Porsche 911 RSR #92 Porsche GT Team et la Ferrari 488 GTE #51 AF Corse se détachaient, les autres protagonistes restant derrière une autre voiture de sécurité. Les Porsche 911 RSR #93 et #91, puis les Ford GT #68 et #69 se retrouvaient à 1’30.

Corvette Racing J. MAGNUSSEN / A. GARCIA / M. ROCKENFELLER Chevrolet Corvette C7.R

Aston Martin perdait tout espoir de bien figurer peu avant minuit. C’est tout d’abord Alex Lynn qui partait à la faute dans le virage du karting avec la Vantage #97. Moins de 20 minutes plus, tard, il était imité par Marco Sørensen avec la Vantage #95. Si la première a pu rejoindre les stands, la seconde était trop endommagée pour repartir et a provoqué l’entrée en piste de la voiture de sécurité – mais le pilote était indemne.

La Ford GT du Chip Ganassi Team USA J. HAND / D. MÜLLER / S. BOURDAIS déclassée. Pht. Christopher Lee

 

Tôt le matin, la Porsche #92 chutait au classement suite à un souci d’échappement. S’ensuivait un fantastique chassé-croisé entre la Corvette C7.R #63 engagée par Corvette Racing et la Ferrari 488 GTE #51 AF Corse pour le leadership. Peu avant midi, il était encore bien difficile de savoir qui allait tirer son épingle du jeu. Malheureusement, Jan Magnussen commettait une erreur avec la Corvette dans les virages Porsche. La voiture partait en toupie, puis percutait le mur. La bataille pour la victoire devenait un match Ferrari / Porsche, qui tournait à l’avantage de la Ferrari 488 GTE #51 AF Corse. Un beau succès pour le 70e anniversaire de la première victoire de la marque en Sarthe.

LM GTE AM

Ford s’impose aux 24 Heures du Mans grâce à l’engagement de la Ford GT couvée par Ben Keating et largement soutenue par le constructeur à l’ovale. Mais ce sera la Porsche #56 du Team Project 1 qui s’impose sur le tapis vert.

Team Project 1 J. BERGMEISTER / P. LINDSEY / E. PERFETTI

En catégorie LM GTE Am, la hiérarchie s’est rapidement dessinée, à l’entame de la soirée de samedi. Les Porsche 911 RSR #77 et #88 de Dempsey – Proton Racing occupaient la tête dès les premiers tours. Rapidement, la #88 ne pouvait plus se battre aux avant-postes, à cause de sa touchette avec la Chevrolet Corvette C7.R #64 Corvette Racing. Seule la #77 restait en tête. A 20 heures, la Porsche 911 RSR #56 Team Project 1 de Jörg Bergmeister et la Ford GT #85 Keating Motorsports avec Jeroen Bleekemolen au volant se montraient menaçantes devant l’Aston Martin Vantage #90 TF Sport de Euan Hankey.

La Ford GT remporte le LMGTE Am, mais est déclassée. Keating Motorsports B. KEATING / J. BLEEKEMOLEN / F. FRAGA. Pht. Drew Gibson

En milieu de matinée, la Ford GT #85 Keating Motorsports creusait l’écart et disposait de plus d’un tour d’avance sur la Porsche 911 RSR #56 Team Project 1. L’avance allait fondre, notamment du fait d’une pénalité pour un « burn » dans les stands en revenant en piste. Mais le succès était au bout. Mais c’était sans compter sur le travail des commissaires techniques, qui lors des vérifications d’après course, le collège a officialisé la disqualification des voitures  #68 (Ford GT du Ford Chip Ganassi Team USA) et #85 (Ford GT du Keating Motorsports) pour capacité de réservoir non conforme.

De fait, en LM GTE Am, la victoire revient à la #56, Porsche du Team Project 1.

Le départ

Réactions des vainqueurs :

Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima et Fernando Alonso confient leurs impressions sur la course et leur victoire sur la Toyota TS050 Hybrid #8 Toyota Gazoo Racing en LMP1.

Kazuki Nakajima :

Une course difficile pour tout le monde. Nous nous sommes bien battus, avec mes coéquipiers. Nous savons que la victoire ne récompense pas la meilleure performance. Nous avons vécu ce type de situation avant. Je ne sais pas trop quoi dire de plus… Après la victoire ici-même l’an passé, le but était de remporter le championnat du monde, et nous y sommes parvenus. C’est une fierté.

Fernando Alonso

Stupéfiant ! Cette victoire n’était absolument pas attendue. Nous n’avions pas le rythme pour gagner. Nous ne méritions pas de nous imposer en piste, mais la chance a joué un rôle décisif. Qu’est-ce que l’on peut faire dans ce cas ? J’ai connu de tels moments moi-même, en 2007 avec McLaren, encore 2011 et 2012 avec Ferrari quand arrive le dernier moment et que vous n’êtes pas capable de finir le travail. La course choisit son vainqueur. L’objectif premier était de devenir champion du monde. J’ai choisi de mener de front F1 et WEC et de me battre pour un championnat du monde de plus – et nous l’obtenons ce soir. Il était difficile de m’engager pour l’an prochain car je veux me laisser toutes les portes ouvertes. Mais j’aime Le Mans et le championnat WEC et il est certain que je reviendrai. A 100% certain.

Fernando Alonso

Sebastien Buemi

Une course difficile. Avant le départ, nous savions que nous pouvions perdre le championnat. J’ai piloté toute la course en me disant : voyons si nous pouvons battre la voiture #7 et, au bout de cinq tours, j’ai compris que ça allait être quasi impossible. A un moment donné, ça s’est mieux passé pour nous mais ils étaient les plus vites. J’étais assez heureux de finir deuxième, en fait, car, sur l’intégralité de la saison, ils méritaient plus de victoires. Ce qui arrive aujourd’hui est dur, ça fait mal. Je me souviens en 2016, avec Kazuki, c’était vraiment compliqué. C’est la course et je prends cette victoire mais je suis désolé pour eux.

Classement des 24h du Mans ici

Podium LMP1

Le prochain rendez-vous pour la mythique épreuve Mancelle est pris pour les 13 et 14 juin 2020. Rendez-vous qui sera a n’en pas douter un grand succès, comme l’on été ces dernières 24h avec plus de 253 000 spectateurs pour cette 87e édition.

Communiqué WEC

Photos : Wec