Dakar, E8, Price dans la douleur, Nasser en contrôle, Loeb engrange encore une étape

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L’œil dans l’objectif

Sur la route du retour à Pisco, c’est surtout à un cocktail de sables auquel les pilotes ont droit pendant 360 kilomètres… avant de savourer un Pisco Sour ! Du fesh-fesh pour commencer, puis de la plage par intermittence pendant près de 80 kilomètres. Avant de rejoindre les vrais massifs dunaires à franchir en fin de spéciale, gare à ceux qui pourraient caler dans la redoutable « montée des ânes ». Les dunes d’Ica, déjà en partie visitées dans la 2e étape, sont explorées de façon encore plus complète, avec le souci de trouver les franchissements les plus délicats, par exemple au tournant des 300 kilomètres de spéciale. Pour boucler le parcours, une dernière portion de hors-piste exige l’attention maximale des copilotes.

Etape 8

L’essentiel

Alternant le bon et le moins bon depuis le départ du Dakar, Matthias Walkner s’est illustré de belle manière avec sa seconde victoire depuis le départ de Lima au bout d’une spéciale menée tambour battant. Le champion en titre garde ainsi toutes ses chances de conserver sa couronne et devance de seulement 45 secondes Pablo Quintanilla qui se replace lui aussi au général. Le classement provisoire est mené par Toby Price qui réalise peut-être la plus belle performance à Pisco en serrant les dents avec un poignet de plus en plus douloureux.

Matthias Walkner. Pht. Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

Sébastien Loeb est lui en pleine forme et l’a encore démontré avec sa quatrième victoire en 2019, 7’27 devant Nasser Al-Attiyah qui continue de se montrer impérial dans son rôle de leader du rallye. En lutte pour la deuxième place du général avec Nani Roma, le Français aura de son côté au moins démontré qu’il pouvait être le plus rapide, même dans le sable ! Un terrain qui convient parfaitement à Nicolas Cavigliasso, tout bonnement intouchable en catégorie quad. L’Argentin obtient son 7e succès depuis le départ et possède maintenant 1h24 d’avance sur son dauphin au provisoire. Des performances qui inspirent Chaleco Lopez qui enlève sa troisième spéciale d’affilée en SxS !

Sebastien Loeb. Pht. Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

De quoi retrouver la tête du général de la catégorie à deux jours de l’arrivée alors que Dmitry Sotnikov prend lui aussi les commandes du général camion au meilleur moment grâce à sa large victoire du jour. Le Russe prend même une belle avance sur son coéquipier Eduard Nikolaev, tanké pendant près d’une heure en début de journée.

Dmitry Sotnikov. Pht. Marcelo Maragni/Red Bull Content Pool

La perf du jour

Saperlipopette, c’est un coup de maître que Nasser Al-Attiyah a réalisé sur la huitième étape du Dakar. La stratégie avait très certainement été anticipée dans le clan Toyota, où l’on a bien compris l’intérêt de partir dans une position lointaine pour la Super Ica ! En l’espèce, c’est 30 minutes après son principal rival, Stéphane Peterhansel, que le pilote Qatari s’est élancé, avec une possibilité de remonter la file des motos et autos en attaquant au maximum, sur des terrains de hors-pistes qui s’y prêtaient parfaitement. Au total, Al-Attiyah passe à côté d’une 34e victoire de spéciale, mais profite des déboires de Peterhansel, vainqueur la veille. Son premier poursuivant, Nani Roma, pointe à 46’29’’, dans la même minute que Sébastien Loeb. Avec encore 425 kilomètres de spéciale à disputer jusqu’à Lima, constituent-ils encore un obstacle sur la route d’un troisième titre ?

Nasser Al-Attiyah. Pht. Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

Le coup dur du jour

Comme bien d’autres avant lui, Ricky Brabec a une nouvelle fois subi la dure loi du Dakar. Presque un an jour pour jour après avoir cassé le moteur de sa Honda, l’Américain est une nouvelle fois contraint à quitter le rallye pour la même raison. Un crève-cœur pour celui qui avait jusque-là réussi la course parfaite et rêvait d’être le premier pilote de l’oncle Sam à remporter le Dakar. Alors qu’il n’était pas attendu à un tel niveau, l’officiel HRC s’est en effet offert une nouvelle victoire d’étape en 2019 et menait surtout le classement général à trois jours du but. Un coup dur pour Honda également, qui ne sera une nouvelle fois pas parvenu à mettre fin à l’hégémonie de KTM sur le Dakar.

Ricky Brabec. @World / ASO / Charly Lopez / Dakar

La statistique du jour

3/4. KTM aime le Dakar et celui-ci lui rend bien. Face à une adversité plus performante que jamais, la firme autrichienne victorieuse des 17 dernières éditions ne s’est pas affolée, attendant son heure. Forte de son trio d’expérience composé de Toby Price, Sam Sunderland et Matthias Walkner, la marque orange a toujours joué placée sans jamais se porter en tête du général avant cette antépénultième étape à Pisco. Et les trois pilotes de la marque sont instantanément remontés dans le top 4 d’un classement provisoire mené par le vainqueur 2016 Toby Price, et dont le quatrième larron n’est autre que Pablo Quintanilla qui pilote une Husqvarna, cousine de la KTM officielle

  La réaction du jour

« Mon poignet est en feu ! »

Toby Price : « J’ai donné le maximum, je ne pouvais pas faire plus. Mon poignet est en feu. Je suis à l’arrivée, il n’y en a plus que deux jusqu’à la fin et ça c’est la bonne chose. Avec mon poignet, j’essaye juste de ne pas y penser, mais c’est très difficile. Quand c’est possible, j’essaie de le reposer… je fais comme je peux ! »

Toby  Price. Photo Florent Gooden / DPPI / Dakar

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